Wouri: le soutien des chefs Sawa au village Bonateki
(DIM DIM). Face à ce qu’ils qualifient d’ingérence administrative dans les affaires coutumières, les chefs traditionnels Sawa du Wouri et ses environs, se sont massivement mobilisés pour apporter leur soutien à leur pair, sa majesté Ekabouma Njoh Sylvain, chef de 3ᵉ degré du village Bonateki.
Réunis d’urgence à la chefferie du village Bonateki dans le canton Deido, le lundi 1er juin 2026. L’initiative portée par l’association des chefs des villages du Wouri et ses environs, les gardiens de la tradition dénoncent la multiplication d’actes administratifs qui fragilisent les chefferies : ingérence dans les affaires foncières et coutumières, création de micro-chefferies au mépris des textes, et braderie des terres.
À l’origine, une convocation contestée,
qui est le point de départ de la colère du chef Ekabouma, avec le soutien des chefs des villages Sawa, un message-porté signé le 22 mai 2026, par le sous-préfet de l’arrondissement de Douala 1ᵉʳ. Le document annonce une consultation des notables le 5 juin 2026, en vue de désigner un chef au quartier « Grand Moulin », situé dans le village Bonateki.
Problème: Bonateki est déjà érigé en chefferie de 3ᵉ degré, dirigée par sa majesté Ekabouma. Pour les chefs traditionnels, cette démarche viole les procédures coutumières et les prérogatives des chefferies existantes. Dans un souci de paix et cohésion sociale, sa majesté Ekabouma Njoh Sylvain, chef du village Bonateki a introduit un recours gracieux adressé au sous-préfet de Douala 1er le 22 mai 2026 , avec référence 48/2026/MP/C19/01/SP.
Pour sa majesté Gabriel Eteki Ebokolo, «aujourd’hui, c’est Bonateki, demain ça peut être un autre village». La solidarité s’est exprimée avec force. Il poursuit en rappelant que: «nous avons l’habitude de nous lever comme un seul homme pour répondre à l’appel d’un des nôtres et vous l’avez démontré encore ce jour. Je vous dis infiniment merci», a-t-il déclaré, sous sa casquette de président de l’association des chefs des villages Sawa du Wouri.
Ceci témoigne de la solidarité de l’ensemble des chefs des villages Sawa à l’endroit du chef de Bonateki, « Nous sommes venus témoigner notre soutien, comprendre ce qui se passe et voir comment engager des échanges avec l’administration pour qu’il ne se sente pas seul », a indiqué sa majesté Ruben Ness Essombey, chef du village Sodiko, qui a insisté sur le caractère sacré de cette mobilisation : «c’était important de s’asseoir, d’échanger, de comprendre le problème et éventuellement d’entamer un dialogue avec les autorités administratives à qui nous réaffirmons notre disponibilité », a-t-il martelé
Sa majesté Ekabouma Njoh Sylvain a remercié ses pairs pour cette marque d’attention et de soutien face à la situation, il également saisi la perche pour lancer un appel au respect des textes coutumiers.
L’objectif des chefs est clair : obtenir de l’administration qu’elle sursoie à la désignation d’un chef de 3ᵉ degré à « Grand Moulin », et qu’elle respecte les textes coutumiers. Pour les gardiens de la tradition Sawa, il s’agit de préserver l’unité des chefferies et d’éviter toute fragmentation orchestrée sans concertation préalable avec les autorités traditionnelles légitimes.