(Georges SEMEY). Le Syndicat national des transporteurs routiers du Cameroun (Sntrc) antenne du littoral ne décolère pas, depuis ce 20 octobre 2026. En cause, une cargaison de 180.000 litres de carburant, saisie par la délégation de l’eau et de l’énergie de l’Ouest et la Scdp. Awa Fonka Augustin, le gouverneur de la région de l’Ouest a annoncé la mise en vente aux enchères de la marchandise, malgré un rapport favorable de l’Hydrac sur la qualité du produit.
La société Hydrocarbures-analyses-contrôles (Hydrac) dont l’expertise en matière de contrôle et certification des quantités et de la qualité des hydrocarbures est formelle. La densité du carburant transporté par les camions citernes interpellés le 20 octobre 2026, au dépôt Scdp de Bafoussam l, est de bonne qualité. Appartenant à la société Sthyc Sarl, transporteur Totalenergies, cette densité irréprochable a pourtant été jugée non-conforme et viciée, par les éléments de la délégation de l’eau et de l’énergie de l’Ouest et la Scdp. Stupéfaction dans le camp des transporteurs, suite à une contre expertise effectuée sur le produit. Contre expertise instruite par le gouverneur de la région de l’Ouest, Awa Fonka Augustin.
En sa qualité de président de la cellule régionale de lutte contre la fraude des produits pétrolier, le gouverneur a annoncé, dans un communiqué du 3 novembre 2026, la mise en vente aux enchères (le 4 novembre), du carburant saisi. Suite malencontreuse « d’une opération ponctuelle de lutte contre la fraude ».
Face à cette action incompréhensible des transporteurs, Raymond Moungang, président régional du Sntrc-Littoral, a convoqué une rencontre le jeudi 5 novembre 2026, au siège de ce regroupement. À ses côtés, les transporteurs des hydrocarbures, membres de la plateforme des organisations socio-professionnelles. L’objectif de la rencontre a été de : poser le problème sur la table, recueillir les avis des syndiqués et indiquer la conduite syndicale à suivre face à ce problème qui est un véritable cas d’école.
Le président Raymond Moungang, aux côtés de ses camarades s’interroge: pourquoi passer de la promesse d’une contre-expertise à une vente aux enchères ? Que devient le droit des transporteurs et des propriétaires de la cargaison ? Sur quelle base juridique un produit déclaré de bonne qualité par l’Hydrac peut-il être vendu aux enchères ?
Pour rappel la « densité » dans le carburant, joue un rôle déterminant, sur la qualité car une densité trop basse ou trop haute, revient à un produit frelaté. Exemple du gasoil coupé avec du pétrole lampant ou du super, aura une densité anormale. C’est le premier test de fraude. À date, les transporteurs ne savent toujours pas si la vente aux enchères s’est effectivement déroulée le 4 novembre, comme annoncé dans le communiqué du Gouverneur.
Le Sntrc exige la transparence et le respect des procédures. Pour les syndiqués, il ne s’agit pas seulement des trois camions de 36.000 litres de carburant chacun, mais d’un précédent dangereux pour toute la profession. Ces derniers menacent, en guise de protestation et de dénonciation, d’interrompre la chaîne d’approvisionnement de la Scdp de Bafoussam, à compter de ce lundi 9 novembre, « à travers l’arrêt que vont observer les conducteurs citernes, soutenus dans cette démarche par leurs employeurs », prévient Jean Louis Mevoungou, le secrétaire général de la plateforme des organisations socioprofessionnelles des transporteurs routiers du Cameroun, au nom du président de ladite plateforme, l’honorable Pierre Sime.
D’autant plus que le précédent de la société Sthyc Sarl, est la suite d’une longue liste de précédents similaires. Dont les sociétés Straco ou Vatican, Transporteurs Ola Energy, ont subi ce que les transporteurs des produits pétroliers qualifient de « manigances bien structurées ». Des pratiques douteuses qui ne laissent malheureusement « aucune possibilité de recours au mis en cause, biaisant ainsi le principe du contradictoire, malgré les assurances de conformité de l’Hydrac », ajoute Jean Louis Mevoungou.

