Budget 2026: Ce que recherche le Cameroun
(Georges SEMEY). Avec un déficit budgétaire global de 631 milliards de FCFA et une enveloppe budgétaire en hausse de 1080,5 milliards de FCFA, le Cameroun espère collecter des recettes internes de 5887 milliards de FCFA (+8,3 %). Ainsi qu’il prévoit des dépenses hors principal de la dette, d’un montant de 6210,5 milliards de FCFA. Le projet déposé le 26 novembre et adopté le 2 décembre fait la part belle à l’autonomisation économique des femmes et à l’emploi des jeunes, par la création d’un fonds spécial de 50 milliards de FCFA. Lire le décryptage complet de la rédaction de Ripostes.
Présentée devant la Commission des finances le 26 novembre 2025 par le premier ministre Joseph Dion Ngute, la loi de finances de l’État du Cameroun, dans lequel figure le budget général de l’État est désormais connu. L’enveloppe prévisionnelle déclarée recevable par la conférence des présidents de l’assemblée nationale, est équilibrée en recettes et en dépenses, à un montant de 8816,4 milliards de FCFA, pour l’exercice 2026.« Il s’agit d’un budget plus ambitieux, plus structuré et plus social, malgré un contexte économique global incertain. Il traduit la détermination du Gouvernement à préserver la stabilité financière tout en renforçant l’inclusion et le développement national », apprend-on du ministère des finances.
Elaboré conformément à la circulaire présidentielle du 18 juillet 2025, et la loi de 2018 portant régime financier de l’État, ce projet de budget une augmentation de 14% par rapport à l’enveloppe de 2025. Soit 1080,5 milliards de FCFA. Il est divisé en budget général de l’État (8683,9 milliards de FCFA), et en compte d’affectation spéciale évalué à 132,5 milliards de FCFA. En termes de répartition, les recettes internes représentent un montant de 5887 milliards de FCFA (+8,3 %). À raison de 523,7 milliards de FCFA pour les recettes pétrolière et gazière, 4889,5 représentant l’enveloppe des recettes fiscalo-douanières, et 73,8 milliards de FCFA de dons.
Sur les dépenses, le projet de budget prévoit dans la ligne réservée aux grandes dépenses hors principal de la dette, un montant total estimé à 6210,5 milliards de FCFA, celles du personnel à 1625,4 milliards de FCFA, les biens et services à 1206,4 milliards de FCFA, les transferts et subventions arrêtés à une enveloppe de 820,3 milliards de FCFA, les intérêts du service de la dette à 532,5 milliards de FCFA, et les investissements à hauteur de 2026,3 milliards de FCFA. Concernant particulièrement le budget d’investissement public (Bip), il représente
35,7 % des dépenses primaires et 22,8 % du budget total.
Compte tenu d’un contexte économique marqué par une croissance mondiale prévisionnelle estimée en 2026 à 3,1 %, à un taux de 3,3% en zone Cemac et sur le plan national à 4,3% (3,9% en 2025), le Cameroun sollicitera également divers financements sur un déficit budgétaire global de 631 milliards de FCFA (309,9 milliards de FCFA en 2025). L’enveloppe prévisionnelle de ces financements porte sur un besoin de 3104,2 milliards de FCFA (+777,5 milliards de FCFA en 2025). Destinée à couvrir le service de remboursement de la dette (1870,6 milliards de FCFA), les arriérés intérieurs (498,8 milliards de FCFA), les crédits de Tva (84,0 milliards de FCFA), et la trésorerie nette (20 milliards de FCFA).
Le Cameroun compte par conséquent sur des sources de financement déjà identifiées. Cette enveloppe proviendra des revenus issus des petits projets (826,7 milliards de FCFA), les titres publics (400 milliards de FCFA), les financements bancaires (589,7 milliards de FCFA), les appuis budgétaires (120 milliards de FCFA), les financements exceptionnels (167,8 milliards de FCFA), et les emprunts extérieurs (1000 milliards de FCFA).
Rappelons que le projet de budget 2025 comporte quelques Innovations clés. Il s’agit de la suppression des chapitres communs, des budgets de certaines institutions présentés en dotations, l’instauration d’une nouvelle organisation du fonds de reconstruction par éclatement en 2 fonds distincts, l’application intégrale de la nomenclature budgétaire, et l’alignement avec la Snd30 et les engagements Cemac. Conformément à l’engagement présidentiel de porter une attention particulière sur la situation des jeunes et de la femme, le projet de budget réserve une place à des mesures sociales fortes par la création d’un fonds spécial de 50 milliards de FCFA dédié à l’autonomisation économique des femmes et à l’emploi des jeunes.