Cession d’actifs: l’État du Cameroun s’acquitte de 78 milliards de FCFA auprès d’Eneo
(Jean ADOUL). Six (6) jours avant la deadline contractuelle de règlement de cette enveloppe représentant le montant de l’acquisition des parts du fonds d’investissement Britannique dans le capital d’Eneo, Yaoundé a finalisé l’opération, bouclant ainsi le processus d’acquisition de cette entreprise.
L’échéance était fixée au 16 février 2026. L’État du Cameroun, acquéreur de 51% des parts détenus par le fonds d’investissement Britannique Actis au sein du capital d’Eneo (Energy of Cameroon), devait effectuer le règlement du montant objet de cette cession. Soit 78 milliards de FCFA. Cette opération boucle de facto le processus de rachat d’Eneo par le Cameroun après environ plus de 20 mois de pourparlers.
Yaoundé détient désormais définitivement 95 % du capital du principal énergéticien du Cameroun, qui contrôle un réseau de production constitué de 73,30% d’hydraulique, 26,66% de thermique et 0,04% de solaire, et qui s’étend sur 18.500 km de lignes moyenne tension, et 18.000 km de lignes basse tension. Soit 63% de capacités installées du pays, pour environ 3.759 employés, 2,2 millions de clients (ménages et entreprises), soit environ 20 millions de Camerounais. Par ailleurs, Eneo comptabilise plus d’un million de clients abonnés au système prépayé (40 % d’électrification au Cameroun).

L’on apprendra par ailleurs qu’après versement de cette enveloppe, l’État du Cameroun a mis sur pied comité ad hoc interministériel dont la principale mission porte sur la gestion des affaires transitoires, jusqu’au départ de l’actionnaire Britannique. Parmi les dossiers de braise, figure celui sur l’énorme dette léguée par l’entreprise Eneo. Dette estimée à environ 800 milliards de FCFA, dont 500 milliards de FCFA à payer aux fournisseurs. On note également une importante ardoise relevant des emprunts, des dettes de location acquisition, une dette circulante Hao, des dettes fiscales et sociales etc….
Eneo laisse un parc composé entre autres des barrages hydroélectriques de Songloulou (384 Mw), Edea (276 Mw), Lagdo (72 Mw), Mbakaou, Bamendjin et Mapé, des barrages réservoirs. Son réseau de centrales thermiques est constitué des centrales thermiques de Yassa-Dibamba, Bassa, Limbe, Bafoussam, Oyomabang et Log baba, ou encore la centrale à gaz de Kribi.
L’entreprise a également développé des centrales hybrides (solaire-thermique) dans des localités isolées comme Djoum, Lomié, et Garoua Boulai, ainsi que des parcs solaires à Guider et Maroua. Ajoutés à une quarantaine de groupes électrogènes disséminés sur tout le territoire, de petites centrales isolées pour alimenter des localités non connectées au réseau principal.