17 mars 2026

Coopération: l’hôpital Laquintinie et le Chu de Rouen pour une gestion efficace de l’afflux massif des victimes

(DIM DIM). Du 1er au 6 mars 2026, la formation sanitaire Camerounaise a abrité une session de formation sur les bonnes pratiques médicales indispensables en cas de situations de catastrophe ou d’accident, nécessitant un plan de réaction approprié et bien coordonné.

La ville de Douala a été frappée par deux événements majeurs qui ont nécessité une importante mobilisation du personnel sanitaire: l’effondrement d’un immeuble à Douala en 2022 (une cinquantaine de victimes) l’intoxication alimentaire de certaines populations à New bell (une centaine de victimes). Ces deux catastrophes mettent parfaitement en lumière, la politique nationale de gestion de l’afflux massif des victimes dans les formations sanitaires du Cameroun.

En partenariat avec la Société Camerounaise d’Anesthésie Réanimation (Scar), et le Chu de Rouen, l’hôpital Laquintinie de Douala a abrité pendant cinq (5) jours, une formation du personnel sanitaire (1-6 mars 2026), provenant de l’Hôpital Laquintinie, de Centre des Urgences de Yaoundé (Cury), l’Hôpital régional de Garoua, l’Hôpital Saint Jean de Malte de Njombe et l’Hôpital de District de Ndikinimeki (Mbam).

Au total, une soixantaine de participants (urgentistes, anesthésistes-réanimateurs, chirurgiens), ont été capacité au cours de cette initiative, qui s’inscrit dans le cadre d’une coopération internationale renforcéee, visant à améliorer les réponses hospitalières face aux crises de masse. Le Dr Marie Solange Ndom Ebongue, Directeur de l’hôpital Laquintinie, et Louisa Atmani, Directrice générale adjointe du Chu de Rouen, ont, à travers leurs éclairages, donné les raisons de cette collaboration. «Il était question de s’assurer que nous faisons bien. Qui de mieux que nos pairs pour nous évaluer et partager leurs expériences ? Cette synergie nous permettra de continuer à offrir des soins de qualité, quelles que soient les circonstances», a indiqué la manager.

Le Dr Ndom Ebongue a remercié la délégation des émissaires du Chu de Rouen de concert avec l’ordre Souverain de Malte. Elle par la même occasion, salué l’importance des échanges professionnels qui ont prévalu au cours de ce séminaire riche en enseignements. Rappelant les défis auxquels l’hôpital Laquintinie a été confronté par le passé, confirmant que la formation sanitaire a une riche expérience dans gestion de plusieurs afflux massifs de cas.

Rappelons que les sessions de formation ont été appuyés par des exercices pratiques. Pour Louisa Atmani, « le partage d’expériences est une valeur ajoutée mutuelle, malgré quelques points de différence contextuels ». À cet effet, elle a félicité le personnel de l’hôpital Laquintinie, ainsi que ceux des autres formations sanitaires participantes, pour leur détermination et parfaite connaissance des rudiments de la prise en charge de l’afflux massif des victimes.

Reconnaissante envers l’hôpital laquintinie Louisa Atmani a salué l’hospitalité et le professionnalisme du personnel local, compris celui des établissements partenaires engagés dans ce projet. «J’ai été particulièrement touchée par l’accueil que vous nous avez réservé ici à Douala », a-t-elle déclaré. Pour la chef de délégation, cette coopération n’a été possible que grâce au soutien du Ministère français de la Santé, à travers le programme d’Appui aux Partenariats Hospitaliers et à la Coopération Internationale (Apchi). Au niveau de la France sa mission est de renforcer les collaborations entre établissements de santé français et partenaires internationaux, permettant ainsi une amélioration concrète des organisations de soins. En partenariat avec le Ministère Camerounais de la Santé publique.

À travers cette mission, il se dégage une volonté conjointe de bâtir un système de santé plus réactif aux urgences de masse. Il n’est donc pas erroné de penser que la formation dispensée et les expériences partagées, que les professionnels de la santé de Douala, Yaoundé, Garoua, Njombe et Ndikinimeki, ont désormais des outils supplémentaires pour mieux anticiper et gérer les afflux massifs, qu’ils soient liés à des accidents, à des catastrophes naturelles ou à d’autres scénarios de crise.

Par ailleurs, la gestion d’un afflux massif de patients ne se limite pas à la réaction sur le champ lors d’une crise. Elle requiert une préparation rigoureuse et une formation adéquate. C’est pourquoi la mise en œuvre de protocoles clairs et l’amélioration des logistiques hospitalières sont impératifs. Le Directeur de l’Hôpital Laquintinie n’a de cesse de marteler que ce succès dans la gestion des crises est égalementà mettre à l’actif de l’autorité administrative qui coordonne parfaitement les opérations et adresse des solutions de sortie de crise. Et d’ajouter: «la gestion de crise fait appel à une implication harmonisée de ces différents acteurs pour être efficace», a-t-elle conclu, tout en précisant que les actions concertées sont la clés du problème.

Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, le Gouverneur de la Région du Littoral qui présidait la cérémonie de clôture de ce séminaire de formation, a félicité l’Hôpital Laquintinie pour sa bonne gestion des afflux massifs évoqués supra, ajoutant ceux liés à la crise post-électorale d’octobre 2025. Le Gouverneur de la région du Littoral, dont l’appui multiforme n’est plus à démontrer, lorsque l’hôpital Laquintinie est mis à contribution pour l’accueil des flux des patients. Samuel Ivaha Diboua a par ailleurs indiqué que la ville de Douala disposait d’un plan de riposte au catastrophe: le plan Orsec (Organisation de la Réponse à la Sécurité Civile), prêt à parer à toute éventualité.

Notons qu’en dehors du personnel soignant, des cadres de l’Hôpital Laquintinie ont également bénéficié d’une formation théorique sur la même thématique. Il s’agira à terme, d’élaborer un plan et un manuel de procédures d’alerte et de mise en sécurité des cas d’arrivée massive d’accidents de la voie, la mise en place des circuits dédiés pour les blessés graves et les blessés légers, la mise en place d’un plan de continuité des soins par les autres filières de l’hôpital, la généralisation de l’échographie clinique dans la prise en charge de traumatisés sévères, l’accompagnement psychologique des victimes et des familles etc….

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