(Georges SEMEY). Grâce à une intervention du Coordonnateur général du Bureau de gestion du fret terrestre, El Hadj Oumarou, du Gouverneur de la Région de l’Est, Grégoire Mvongo, ainsi que l’implication des autorités Centrafricaines, le flux des échanges a repris entre le Cameroun et la Centrafrique. Les chauffeurs Camerounais reprochaient à la République Centrafricaine, les nombreuses tracasseries dont ils sont victimes.
L’opération avait été baptisée « Volant mort » par ses initiateurs. Les transporteurs routiers de l’axe Douala-Bangui, ont exprimé leur mécontentement face à diverses tracasseries et difficultés rencontrées sur le territoire Centrafricain, dans l’exercice de leur activité. Des chauffeurs en majorité qui ont observé une cessation de travail perturbant le trafic dans ce corridor stratégique entre le Cameroun et la République Centrafricaine.
Mission Centrafricaine à Yaoundé
Ce qui a fait mouvoir illico presto, sur instructions du Ministre des transports, Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe, une forte délégation de professionnels du métier regroupés autour de la plateforme des organisations socioprofessionnelles du transport routier, appuyée par El Hadj Oumarou, le Coordonnateur général du fret terrestre (Bgft). Lieu: Bertoua et Garoua Boulai, dans la Région de l’Est, ce 20 octobre 2026.
Bien avant le départ vers Garoua-Boulai, localité frontalière liant le Cameroun et la Rca, un conciliabule s’est tenu à Bertoua, entre le Gouverneur de la région de l’Est, ainsi que le Préfet du Département du Lom et Djérem Nkwenti Simon Doh, et le Coordonnateur général du Bgft. Objectif, prendre des résolutions consensuelles et durables, pour apaiser les tensions au sein de la communauté des chauffeurs, et rétablir les échanges vers la République Centrafricaine, pays enclavé de l’hinterland sous-régional.
Ces responsables rejoindront ensuite le Centre polyvalent de Garoua-Boulai, où les attendaient de pied ferme, les syndicats des chauffeurs et transporteurs. On note la présence sur les lieux, de quelques responsables de la République centrafricaine, des représentants de l’armée, ainsi que l’ensemble des chauffeurs, en colère. Globalement, ces derniers s’insurgeaient contre les tracasseries policières et les mauvais traitements subis en territoire Centrafricain. L’arrêt d’activités lancé depuis le 6 octobre 2026, avait provoqué une mission Centrafricaine au Cameroun, afin d’accorder les violons avec la partie Camerounaise. C’était le 19 octobre 2026, à Yaoundé, où Monsieur le Ministre Délégué auprès du Ministre des Transports, Nji Njoya Zakariaou, agissant au nom du Ministre des Transports, a reçu en audience une importante délégation Centrafricaine conduite par Arthur Bertrand Piri, Ministre d’État, Ministre de l’Équipement et des Travaux Publics, marquant ainsi la volonté conjointe des deux États de consolider leur coopération bilatérale.
Démantèlement des barrières
Lors des échanges à Garoua Boulai, des chauffeurs ont témoigné des différentes injustices subies sur le tronçon Cameroun-Rca, et précisément en territoire Centrafricain, des témoignages poignants qui ont étés pris en compte avec l’appui du Coordonnateur général du Bgft, ainsi que les Chefs d’agence du Bureau d’affrètement routier Centrafricain (Barc) de Douala et de Bouar (localité de la Rca), en présence de Norbert Niéndé, le Sous-préfet de Baboua, petite ville de la Centrafrique, près de la frontière avec le Cameroun. Les représentants de ce pays voisin ont apporté les assurances de sécurité et du respect des droits des chauffeurs Camerounais, lors de leur voyage sur ce corridor stratégique.
Après plusieurs heures de concertation parfois tendues, les parties ont convenu d’un certains nombre de résolutions à mettre en œuvre immédiatement, et à court terme. Résolutions parmi lesquelles on cite, à charge de la partie Centrafricaine, d’assurer la sécurité physique des conducteurs et la protection des chauffeurs face aux violences et humiliations dénoncées en territoire Centrafricain, le démantèlement des barrières illégales, et sur ce point, la Rca s’engage à rationaliser les postes de contrôle sur l’axe menant à Bangui, afin de mettre un terme aux perceptions informelles et au racket.
Numéro vert
Par ailleurs, il a été mis en place, du côté Centrafricain, une Unité Opérationnelle de Surveillance des Corridors (Uosc) dédiée à la veille permanente, au suivi des flux et à l’élimination des barrières illégales et tracasseries administratives harcelant les camionneurs. Il a été également décidé de l’acquisition et le positionnement stratégique d’une ambulance médicalisée afin d’assurer la prise en charge rapide et l’évacuation sanitaire des conducteurs et convoyeurs en cas d’accident sur le corridor.
Sur le champ, la partie Centrafricaine a officialisé l’activation du numéro d’urgence 1316. Numéro vert d’alerte, interconnecté directement aux services du Premier Ministre de la République Centrafricaine, permettra aux conducteurs de signaler immédiatement tout acte de tracasserie, d’exaction ou d’extorsion le long du corridor.
Ensuite, les pourparlers en salle ont laissé place à une déscente sur le terrain. Précisément à Garoua-Boulai, pour s’assurer de la reprise immédiate du trafic des camions transportant les produits inflammables, pour l’essentiel. Chose faite et flux de mobilité rétabli immédiatement. Une Task Force commune Cameroun-Rca sera chargée d’assurer un suivi de proximité desdites résolutions.

