6 mars 2026

Corruption: après ses propositions sur la crise anglophone, l’Honorable Jean Jacques Ekindi présente sa théorie de lutte contre le fléau

(DIM DIM). Pour l’ex « chasseur de lion », chaque procès, chaque instruction, chaque enquête doit être rigoureusement programmée, les délais impératifs clairement définis, et les dates de début et une date de fin de procédure clairement précisées. Ce qui permettra, selon lui, d’éradiquer l’opacité des procédures interminables où se négocient trop souvent les arrangements illicites. Récit majuscule de l’énoncé de cette vision pertinente de lutte contre la corruption.

Après celles émises sur la crise anglophone. L’homme politique Camerounais, s’est évertué dans un exercice qu’il sait faire : conférence de presse. À cette occasion, il a mis le doigt dans un sujet préoccupant qui gangrène les sociétés et les institutions, en particulier celles du Cameroun. L’homme politique était face à la presse, le mardi 27 janvier 2026 à Douala, après la dénonciation de certains actes de corruption, qui ont fait l’objet d’intérêt national, il a dressé un chapelet de propositions.

L’histoire de l’humanité, dans sa complexité et ses errances, nous enseigne une vérité implacable: la corruption n’épargne aucun rivage, aucune institution, pas même celles consacrées au divin. Du faste des capitales mondiales aux enceintes feutrées du Vatican, ce fléau s’insinue partout où l’intérêt occulte défie le bien commun. Dès lors, traiter la corruption comme une simple variable d’ajustement politique est une erreur tragique. Elle est, par essence, une question de survie sociétale, un péril existentiel qui exige une réponse systémique, rigoureuse et sans concession, nous renseigne l’Honorable Jean Jacques Ekindi.

Comment en sortir ?

Comme préalable pour vaincre ce mal, il faut d’abord savoir le nommer et disséquer les mécanismes. Pour l’ex-chasseur du « Lion »: « la lutte contre la corruption doit s’appuyer sur une architecture d’investigation granulaire. Il ne s’agit plus seulement de traquer le pot-de-vin manifeste, mais d’explorer les zones grises », a-t-il proposé.

Il poursuit son exposé, en précisant que, « l’enquête doit désormais porter sur la corruption par incompétence, où la carence de savoir devient le terreau des détournements. Mais aussi, sur le manquement au devoir de probité, ce crime silencieux qui trahit la confiance publique ». Aussi, l’homme politique préconise: que la corruption qu’elle soit active, passive ou orchestrée en bande organisée, l’arsenal judiciaire doit se déployer avec la même célérité. Plus encore, l’investigation doit briser le cercle du silence, en poursuivant avec fermeté les complicités et la non-dénonciation, ces alliées naturelles de l’impunité. Une fois les preuves réunies, l’engagement de poursuites criminelles ne doit souffrir d’aucune interférence, faisant du glaive de la loi le seul arbitre.

Repenser le Cadre Normatif et Judiciaire

Pour une meilleure efficacité de la lutte contre la corruption, il faut une refonte du cadre normatif et judiciaire, qui repose sur un socle législatif inébranlable. Il est impératif d’intégrer dans le code pénal national les dispositions des conventions internationales de l’Organisation des Nations unies (Onu), de l’Union Africaine (UA) ou encore de l’Ohada (Organisation pour l’harmonisation du droit des affaires en Afrique), que le Cameroun a ratifiées. C’est dire que, le renforcement de la détection de la corruption active doit devenir une priorité, au point d’en faire un crime autonome et sévèrement réprimé.

Faire une affaire de tous les citoyens

S’il est vrai que sur le plan doctrinal, le devoir de probité doit être érigé au rang de principe cardinal de l’éthique administrative et transactionnelle, il n’en demeure pas moins que la loi ne peut s’appliquer toute seule. D’où, la création de sections spécialisées dans la lutte contre la corruption, de la première instance jusqu’au sommet de la pyramide judiciaire. Pour ce faire, la Cour suprême et Conseil constitutionnel s’impose comme une nécessité absolue. Cette spécialisation garantira, à coup sûr, une expertise technique et une célérité indispensables, face à des circuits financiers de plus en plus sophistiqués.

Malheureusement, le temps de la justice est souvent le complice ou source de la corruption: « désormais, chaque procès, chaque instruction, chaque enquête doit être rigoureusement programmée. La définition de délais impératifs, avec une date de début et une date de fin clairement identifiées, supprimera l’opacité des procédures interminables où se négocient trop souvent les arrangements illicites », soutient le militant de base du Rdpc (Rassemblement démocratique du peuple Camerounais).

Une Révolution Culturelle et Éducative

Enfin, le combat est d’ordre public. Dès qu’un magistrat du parquet a connaissance de faits suspects, l’action publique doit se mettre en mouvement de manière automatique, sans attendre de plainte préalable. Sur le plan social, la corruption doit devenir une flétrissure infamante. La communication sociale et le système éducatif, ont, de ce fait, un rôle historique : transformer les mentalités pour que la probité ne soit plus perçue comme une naïveté, mais comme la plus haute forme de patriotisme.

La lutte contre la corruption n’est pas une option, c’est le contrat social réinventé. C’est à ce prix que l’État pourra garantir sa pérennité et offrir à ses citoyens un destin fondé sur le mérite et la transparence.

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