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Développement des villes: l’Amvc forme des points focaux pour convaincre la diaspora d’investir dans les collectivités territoriales décentralisées

(DIM DIM). À Douala, l’Association des maires de villes du Cameroun (Amvc), avec l’appui de l’association internationale des maires francophones (Aimf), a tenu ce 19 février 2026, une formation stratégique, afin de mieux structurer l’accompagnement des Camerounais de l’étranger, à travers la formation des points focaux de la diaspora Camerounaise pour le développement inclusif des territoires.

Les 14 grandes villes du Cameroun ont décidé à travers leur association, d’asseoir en leur sein, les capacités de pouvoir travailler avec la diaspora, et d’attirer ces hommes et les femmes originaires du Cameroun, et qui entendent revenir participer au développement de ces villes. C’est le but d’un séminaire sur au cours duquel les maires des villes du Cameroun leur ont accordé une grande attention. Il s’agit concrètement de faire de la diaspora, un véritable moteur de développement local, avec en ligne de mire, le lancement de la plateforme  » jesuisaucameroun.com » prévue en avril 2026.

Sur invitation du Dr Roger Mbassa Ndine, maire de la ville de Douala, et président de l’Amvc et vice-président de l’Aimf, les différents points focaux ont reçu leurs parchemins de fin de formation, après avoir été outillés sur les attentes de la diaspora, les appproches et les mots clés à utiliser pour convaincre la diaspora, cible privilégiée.

Les enjeux diasporiques pour le Cameroun reposent par conséquent sur le renforcement de la confiance, convertir les potentiels, créer de la valeur dans les régions, et sécuriser le lien de cette diaspora. C’est le rôle stratégique qu’a joué Samir Bouzidi, fondateur de la startup « impact diaspora », basée à Dakar au Sénégal. Expert qui a assuré la formation des points focaux.

En ouverture du seminaire, Arnold Mouangue, coordonnateur du secrétariat technique de l’Amvc, rappelle le caractère stratégique de cet atelier, ô combien important pour le devenir des villes du Cameroun. Une occasion de dire merci au Dr Roger Mbassa Ndine, sous sa double casquette, d’avoir obtenu cette cession de formation auprès de l’association Aimf. Il a été question pour ses participants, d’être outillés au-delà des questions de voirie, et d’assainissement urbain. Mais d’avoir une bonne approche pour intéresser la diaspora camerounaise, de manière singulière, la diaspora de sa ville d’origine au Cameroun, ainsi que les représentants des différentes communautés urbaines du Cameroun, qui ont répondu présents à cette invitation.

Par cet atelier, l’Amvc pose les bases d’une nouvelle stratégie d’approche pour intéresser sa diaspora. La ville de Douala devient, ainsi, le moteur de cette initiative. C’est donc une nouvelle ère qui s’ouvre pour la diaspora africaine, singulièrement celle du Cameroun

Ces chiffres qui interpellent

Notons que les diasporas africaines représentent un flux d’environ 100 milliards de dollars par an, drainés vers l’Afrique. Il faut précisé que ceci prend en compte uniquement, les transferts formels. En ajoutant les transferts informels, le flux est multiplié par 5. Sachant que 15% de la population africaine vit en diaspora, dont 5 à 6 millions de camerounais, soit 16% de la population camerounaise, et repartie dans 40 pays d’accueil. Par ailleurs, seulement un taux de 1% de transfert d’argent ont un impact dans le produit intérieur brut camerounais, de manière formelle, mais dans l’informel c’est 5 fois plus.

Selon le Président de l’Amvc: « depuis l’avènement de la décentralisation du gouvernement sur l’impulsion du chef de l’Etat, S.E Paul Biya a toujours voulu que la diaspora camerounaise soit un acteur du développement. Cela est dû au flux de transfert d’argent vers leurs pays d’origine et qui sont de loin, supérieurs aux emprunts initiés auprès des pays étrangers. C’est dire qu’il y’a là une source de revenu extrêmement importante et qui ne demande pas d’être remboursée, parce qu’ils viennent investir dans leur pays », rassure le Dr Roger Mbassa Ndine.

Aussi, pour une meilleure efficacité de l’action des maires des villes du Cameroun, une plateforme sera mise en place avec la diaspora camerounaise: « il s’agit d’une plateforme de dialogue entre la diaspora avec les villes d’accueil. C’est une plateforme qui sera ouverte à tous les pays africains, afin d’intéresser cette diaspora qui cumule des fonds oisifs et qui ne demandent qu’à investir », a ajouté le président de l’Amvc.

Au cœur de cette transformation, se trouve la plateforme numérique « jesuisaucameroun.com », dont le lancement est prévu en avril 2026. Cette solution innovante permettra aux villes de publier des missions et opportunités dans des secteurs clés tels que: l’investissement local, la santé, l’innovation et les technologies, l’environnement, l’immobilier, la lutte contre la pauvreté, et le transfert de compétences. Cette interface intégrant l’intelligence artificielle, les municipalités pourront mobiliser rapidement les talents de la diaspora et faciliter leur contribution directe au développement des territoires.

Pour Fabien Ndongo, point focal de la communauté urbaine de Bafoussam, «nous avons appris que nous devons développer un climat de confiance, un climat de co- construction, de franchise avec la diaspora de nos localités, car elle est à même de nous apporter son expertise dans de nombreux domaines». L’objectif étant de transformer l’engagement spontané et informel de la diaspora, en une force structurée, mesurable et durable.

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