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Eaux internationales: le mutisme de Yaoundé après l’arraisonnement d’un navire Russe battant pavillon Camerounais

(Georges SEMEY). Les autorités Camerounaises tardent à réagir suite à l’interception par une coalition menée par la France, de ce bateau dont les documents indiquaient la nationalité Camerounaise, et qui prenait officiellement la destination du Port de Limbe, dans la Région du Sud-ouest. Pourtant, le flou perisite sur cette transaction et les questions fusent quant à l’attitude attentiste du gouvernement.

Arraisonné ce 1er juin, le Tagor, pétrolier clandestin en provenance de Russie, a été finalement conduit vers la baie de Douamanez, dans le Finistère (Ouest de la France). L’opération menée en haute mer dans l’Océan Atlantique par la Marine Française, avec le soutien de plusieurs partenaires de la France, dont le Royaume-Uni, s’est en effet poursuivi malgré les protestations de la Russie, qui parle d’une « opération illégale semblable à de la piraterie maritime internationale ».

D’après la Marine Française, le Tagor provenait de Mourmansk, une ville russe, et arborait un faux pavillon du Cameroun et faisait route vers le port de Limbé, dans la Région du Sud-ouest. Information confirmée par le porte-parole de la Préfecture maritime. Qui apporte d’autres clarifications: «après la montée à bord de l’équipe de visite, l’examen des documents a confirmé les doutes, quant à l’irrégularité du pavillon arboré ». Toujours selon les mêmes sources, le navire fantôme avait à son bord 23 membres d’équipage de diverses nationalités.

Suivi et sous sanctions Européennes et Américaines, le navire sera maintenu à la disposition du procureur dans le cadre d’une enquête de flagrance pour « défaut de pavillon et refus d’obtempérer ». «Il est inacceptable que des bateaux contournent les sanctions internationales, violent le droit de la mer et financent la guerre que mène la Russie contre l’Ukraine depuis plus de quatre ans. Ces navires, qui ne respectent pas les règles les plus élémentaires de navigation maritime, constituent également une menace pour l’environnement et pour la sécurité de tous», a commenté Emmanuel Macron, dans un message publié sur le réseau social X.

Rappelons que le Tagor avait précédemment battu pavillons des îles Marshall et du Panama. Sur place au Cameroun, aucune déclaration sur ce dossier ambiguë n’a été faite. Pourtant, Yaoundé pourrait être soupçonné de prêter le flanc à la violation des sanctions internationales ou accusé de passivité sur le contrôle et la maîtrise de sa souveraineté.

Plusieurs questions fusent désormais: les autorités administratives Camerounaises avaient-elles connaissance de l’usage de son pavillon ? La cargaison avait-elle été affrétée par le Cameroun ? Le Cameroun est-il complice de violation des sanctions internationales ? Pour l’approvisionnement de son marché en produits pétroliers, le Cameroun se ravitaille-t-il, depuis la Russie, via des canaux illégaux ? À suivre.

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