(Georges SEMEY). La Banque centrale recommande l’accélération de la construction de la nouvelle raffinerie de Kribi, et encourage la mise en oeuvre rapide du Parras 24, de la Sonara.
Après la fin, le 30 juin 2026, du Market sounding international consacré au projet de réhabilitation et de modernisation de la Société nationale de raffinage (Sonara), certains polémistes ont installé une rivalité entre la restructuration/réhabilitation de la Sonara à travers le Parras 24, et le projet de construction d’une nouvelle raffinerie au Port de Kribi-Mboro: le projet Cstar.
Dans sa note de conjoncture intitulée « l’évolution de l’inflation dans la zone Cemac, à fin mars et perspectives à court et moyen termes », la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac) a clairement pris position en faveur de la « résilience énergétique », en zone Cemac. La Banque centrale recommande fermement « l’accélération de la diversification énergétique » et « la réduction de la dépendance aux produits raffinés, afin de renforcer la résilience des économies de la Cemac (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale) ».
Cette position de la Beac intervient au moment où les principaux porteurs du Plan d’accélération pour la remise de la raffinerie Sonara (Parras) et le projet Cstar s’activent pour leur concrétisation. Lors de la cérémonie de clôture du Market sounding sur la Dinara, Louis Paul Motaze, le Ministre des finances
a apporté des éléments pertinents concouranle t à rétablir la confiance autour de cet ambitieux projet. Pendant deux jours, le Gouvernement a réuni des investisseurs, institutions financières, banques d’investissement, compagnies pétrolières, entreprises d’ingénierie et partenaires techniques autour d’un objectif commun: préparer la renaissance de la Sonara, à travers un partenariat public-privé innovant.
« Sept ans après l’incendie du 31 mai 2019, qui avait interrompu les activités de raffinage à Limbé, le Cameroun franchit une étape décisive. Cette consultation internationale a permis de tester l’intérêt du marché, d’évaluer les conditions de financement du projet et de recueillir les recommandations des futurs partenaires afin de bâtir un projet solide, bancable et attractif », se réjouit-on au Ministère des finances.
Pour un montant de 300 milliards de FCFA, le Parras 24, prévoit la réhabilitation et la reconstruction des unités sinistrées, la modernisation des installations stratégiques, notamment l’unité d’Hydrocracker. Le Plan sera développé selon un modèle de partenariat public-privé (Design-Build-Finance-Maintain), couvrant la conception, la construction, le financement et la maintenance, dans un délai de 24 mois.
Au-delà de la reconstruction de la raffinerie, ce projet permettra de restaurer les capacités nationales de raffinage, réduire la dépendance aux importations de produits pétroliers, renforcer la sécurité et la souveraineté énergétiques, améliorer la balance commerciale, et soutenir l’industrialisation et la résilience économique du Cameroun.
Il est donc évident que pour la Beac, il s’agit d’adresser un message clair: celui de la réhabilitation des capacités de raffinage locales et accélérer les travaux de construction de la nouvelle raffinerie Cstar. Un projet de 120 milliards de FCFA, portés par la Société nationale des hydrocarbures (Snh), Tradex Cameroun et le consortium Ariana/Rcg. « L’objectif stratégique poursuivi par la création de Cstar est de diversifier et étendre l’offre de raffinage, dans un contexte de demande croissante en produits pétroliers raffinés. Cette dynamique vise à bâtir un écosystème intégré, dans lequel Cstar et la Sonara, collaborent au servir la souveraineté énergétique, de la compétitivité industrielle et du développement national », informe la Snh.
Rappelons que la raffinerie modulaire Cstar sera dotée d’une capacité projetée de 30.000 barils/jour projetée à l’horizon 2028, avec une première mise en production de 10.000 barils/jour. Quelques chiffres apporte des détails sur l’importance de ce projet: une production annuelle de 1,8 million de tonnes métriques (Tm), soit 1,8 million de mètres cubes, une réduction des importations de l’ordre de 750 millions de dollars, soit environ 435 milliards de FCFA par an, représentant 30 % de la consommation nationale, des exportations du carburant marin d’une valeur estimée à 250 millions de dollars, soit plus de 250 milliards de FCFA par an, et des économies en devises d’environ 1 milliard de dollar, soit plus de 580 milliards de FCFA par an.
Le projet d’une raffinerie moderne intégré comprend également la construction d’un dépôt de réserves stratégiques de produits pétroliers. Exécutés en mode project finance, les deux projets s’étalent sur un site d’une superficie de 250 hectares situé près du port autonome de Kribi. Le projet Cstar dont la première pierre a été posée le 17 juillet 2025 à Kribi, prévoit la construction d’une raffinerie moderne intégré et d’un dépôt de réserves stratégiques de produits pétroliers.
Concernant toujours la raffinerie intégrée, il s’agit d’une installation industrielle conçue pour raffiner localement, le brut camerounais, et produire une gamme complète de produits finis tels que le diesel euro V, l’essence, le Vslsfo, le Mgo, l’asphalte, le gpl et ses dérivés pétrochimiques. Quant au projet de dépôt de réserves stratégiques de produits pétroliers, il sera doté d’une capacité de stockage de 250.000 tonnes métriques, extensibles et répartie entre 100.000 tonnes métriques de gasoil, 100.000 tonnes métriques de super, 30.000 tonnes métriques de carburéacteur jet A1 et 20.000 tonnes métriques de kérosène.
« Cstar reste à l’écoute des parties prenantes et réaffirme son engagement à agir avec transparence, responsabilité et en partenariat avec l’État, pour un avenir énergétique plus fort, plus résilient et inclusif. Ceci, en droite ligne de l’ambition du Président de la République, Son Excellence Paul Biya, de faire du Cameroun, un pôle stratégique et industriel d’envergure en Afrique central », rassure la Snh.

