(Jean Adoul). Soit environ 35,75 milliards de FCFA règlés de 2018 à 2025, afin d’éviter le chômage à 20.000 employés de cette entreprise publique, considérée comme le deuxième employeur du Cameroun.
« Cette opération historique consacre la pleine mise en oeuvre d’un engagement personnel du Chef de l’État, visant à préserver la paix sociale, restaurer la dignité des travailleurs et favoriser la relance économique des régions du Sud-ouest et du Nord-ouest, frappés par une crise sécuritaire depuis 2016 ». Ainsi Louis Paul Motaze, le Ministre des finances, s’exprimait, pour apprécier à sa juste valeur, la finalisation de l’apurement des arriérés de salaires dus aux employés de la Cdc (Cameroon developpement corporation).
L’État du Cameroun a par conséquent consenti une enveloppe globale de 35,75 milliards de FCFA, cumulés sur la période 2018-2022. Cette intervention publique qualifiée d‘ »humaniste » par le Ministre des finances, est structurée en deux tranches, sous forme de cession de créances à des conditions jugées de « compétitives ». L’opération a, ainsi, bénéficié de l’accompagnement de deux institutions financières citoyennes: la FedhEn Capital, Société générale capital securities comme arrangeurs, et de Société générale Cameroun, Cca bank et Afg bank, en qualité de banques participantes.
« Au-delà de son importance immédiate, cette opération de cession de créances s’inscrit dans une stratégie plus globale conduite par le gouvernement, visant à proposer ds mesures institutionnelles, légales, techniques et financières pour la restructuration et la modernisation de cette entreprise névralgique, afin d’assurer sa relance durable et une contribution plus soutenue à l’économie nationale », précise le grand argentier du Cameroun.
Rappelons que la Cdc a été créé en 1947. Au firmament de ses activités étendues sur 3000 hectares, l’entreprise était le plus grand exportateur de banane, d’huile de palme, de caoutchouc naturel etc….Deuxième employeur du Cameroun, après l’État, elle connaîtra une chute drastique de sa production dès 2007. Son capital estimé à 53 milliards de FCFA, baisse par effet domino, de façon vertigineuse. Ainsi que les effectifs du personnel, suite à un placement au chômage technique de 6000 personnes.
Aujourd’hui, la Cdc renaît peu à peu se ses cendres avec l’appui de l’État du Cameroun, l’actionnaire principal. La dette globale de l’entreprise s’élevait à environ 91 milliards de FCFA (35,7 milliards de FCFA de dette salariale, 24,1 milliards de FCFA de cotisations sociales, et 31,8 milliards de FCFA de dettes fiscales). Progressivement apurée par le gouvernement, selon un chronogramme précis, allant de mars 2018 au 31 décembre 2022. La dernière tranche de la dette salariale évaluée à 15 milliards de FCFA, a finalement été honorée.
« Le Ministre des finances se félicite de la mobilisation exemplaire des partenaires financiers, gage de la crédibilité de la signature de l’État du Cameroun, et réaffirme la détermination du Président de la République, S.E Monsieur Paul Biya, à répondre par des actions concrètes, aux attentes profondes des populations, tout en veillant à la soutenabilité des finances publiques », se réjouit Louis Paul Motaze.

