6 avril 2025

Pièces de monnaie: 3 milliards de FCFA à injecter jusqu’en 2030, pour mettre fin à la rareté

(Georges SEMEY). Pour lutter contre ce phénomène, la banque centrale annonce une série d’interventions dans la zone. Un montant de 500 millions de FCFA, en monnaie divisionnaire, sera par conséquent injecter par an.

Les pays de la Cemac (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale) sont depuis quelques années, frappés de plein fouet par une rareté de la monnaie divisionnaire. Le Cameroun en particulier, première puissance économique de la sous-région. Une véritable préoccupation pour la Beac. Le sujet a d’ailleurs été évoqué lors de la cérémonie de Bangui, par le gouverneur de cette institution.

Comment en est-on arrivé-là? Les usagers, spécialistes de la monnaie divisionnaire et de hauts responsables de la Beac se rejettent les responsabilités sur ce sujet. Plusieurs raisons sont ainsi évoquées poir justifier ma crise de la pièce de monnaie, chronique en zone Cemac. Tout d’abord, la prolifération de l’activité des jeux de hasard (casino), à fort usage de pièces de monnaie, dont le stock n’est pas immédiatement réinjecter dans le circuit monétaire. En effet, ces maisons de jeux absorbent un volume important de pièces de monnaie au quotidien dans les principales villes du Cameroun, que sont Douala, Yaoundé, Bamenda, Buea ou Bafoussam.

Ensuite, l’on évoque l’usage des pièces de 50, 100 et 500 FCFA par les bijoutiers pour leur production en bijoux. Ici également, la rareté de la pièce de monnaie s’explique par la matière onéreuse de leur fabrication (cuivre, nickel et cuivre-nickel). Ce qui permet à ces artisans de fabriquer des colliers, bracelets ou des médaillons en ces matières, pour une revente à prix d’or. Cette rareté s’explique également par la thésaurisation desdites pièces par certains usagers. Une pratique répandue dans au sein de la communauté des commerçants détaillants ou des ménages.

Pourtant, la Beac a récemment pris des mesures urgentes pour juguler le phénomène qui provoquait une baisse de chiffres d’affaires chez les commerçants. Notamment en faveur des supermarchés, grands magasins, stations-service, pharmacies ou propriétaires de commerce. Il s’est agi depuis octobre 2024, d’effectuer les échanges de billets de banque contre des pièces de monnaie dans les différents guichets de la Beac.

Ainsi, le Conseil des ministres de l’Umac (Union monétaire de l’Afrique centrale), avait autorisé au terme de la session ordinaire du 15 mars 2023, la création d’une nouvelle gamme de pièces conformément aux propositions formulées par la Beac. « Les nouvelles pièces devaient être simplifiées dans l’optique de lutter contre la rareté observée, mais aussi et surtout contre la contrebande, principale source de cette pénurie », indique la Beac.

Afin de parer à toute éventualité, la banque centrale annonce l’injection dès cette année d’un montant de 500 millions de FCFA par an. L’objectif visé étant d’atteindre la somme de 3 milliards de FCFA de pièces injectées d’ici 2030.

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