(Félix BEDA). Déjà 288 mois que le projet de réhabilitation, rénovation des infrastructures et équipements du Port fluvial de Garoua est en réflexion. Depuis 2002. Après plusieurs concertations des différents acteurs, les travaux tardent à quitter les starting-bloc. Du 14 au 19 septembre, s’est tenu à Garoua, l’atelier de relecture des instruments juridiques dudit projet. Une phase qui ouvrira la voie à la signature prochaine d’un protocole d’accord entre les parties.
Autour d’Alim Garga, l’inspecteur général des Services régionaux du Nord, représentant de Jean Abate Edi’i, le Gouverneur, une équipe du Ministère de l’économie, de la planification et de l’aménagement du territoire (Minepat), menée par Roger Bafakan, Conseiller Technique N⁰1 au Ministère de l’économie, de la planification et de l’aménagement du territoire (Minepat), les représentants du Ministère des finances (Minfi), du Ministère de la décentralisation et du développement local, du Ministère de l’environnement (Minddevel), de protection de la nature et du développement durable (Minepded), de la Communauté urbaine de Garoua, du Port autonome de Douala et ceux du Port autonome de Garoua.
Outre la relecture des instruments juridiques de ce grand projet, la Task force réunie à Garoua devait jeter les bases de la finalisation du projet de délibération du Conseil de communauté urbaine de Garoua, le projet de convention de partenariat entre le Port Autonome de Douala et le Port Autonome de Garoua, en vue de la rénovation et la réhabilitation des installations et équipements du Port et sa gestion transitoire, ainsi que la définition du cahier des charges relatif à l’exécution dudit projet.
Rappelons qu’à l’issue d’une précédente concertation tenue en août 2024, le Port Autonome de Douala avait été désigné pour conduire ce grand chantier de rénovation, réhabilitation du Port Autonome de Garoua, en partenariat avec le Ministère de l’économie, la planification et l’aménagement du territoire. Le projet comporte quatre axes. La restauration de la navigation (rétablir le transport fluvial sur la rivière Bénoué et assurer la navigabilité des lacs de Lagdo et de Maga Hub logistique multimodal), connecter le port aux réseaux routiers et ferroviaires pour relier le Grand Nord aux ports maritimes de Douala et de Kribi.Échanges sous-régionaux, dynamiser le commerce avec le Nigeria voisin, le Tchad et la République centrafricaine (Rca).
D’un coût d’environ 16 milliards de FCFA, le projet de réhabilitation, rénovation des infrastructures et équipements du Port fluvial de Garoua permettra à la zone septentrionale de se développer économiquement avec un réel impact sur les pays voisins. Par exemple, la Sodecoton (Société de développement du coton, bénéficiera de la réduction des coûts logistiques d’importation des engrais (urée, potassium) et facilitera l’exportation de sa production d’huile de coton vers le Nigeria.
Sur plan agricole, la nouvelle infrastructure aura comme retombée, la fluidification de l’évacuation des excédents céréaliers du Septentrion et l’amortissement des crises alimentaires en boostant les approvisionnements. Concernant la protection des frontières et la sécurisation du tissu économique local, le projet permettra de lutter contre les trafics illicites et d’accroître les recettes fiscales locales en lien avec la Communauté urbaine de Garoua.
En aval du plan de réhabilitation et de rénovation du Port autonome de Garoua, Jean Abate Edi’i, le Gouverneur de la Région du Nord avait insisté, lors d’une audience accordée aux responsables du Minepat et du Port autonome de Douala, l’impérieuse nécessité de draguer le lac de retenue de Lagdo, dont le niveau d’ensablement présente des menaces de divers ordres, parmi lesquelles la survie du barrage de Lagdo, la fourniture d’électricité et la sécurité, l’environnement, les activités économiques et agricoles.
Attendus dans les prochains mois, la signature d’un protocole d’accord qui donnera un véritable coup d’accélérateur au projet.

