(DIM DIM). La demande foncière est de plus en plus grandissante, préoccupante et source de tensions sociales. C’est pour réguler, et encadrer le secteur, qu’une initiative cruciale pour l’avenir du Cameroun a germer sous forme d’un atelier inter-régional de consultations des parties prenantes des régions du Littoral et du Sud-ouest, pour l’élaboration d’un document de politique nationale en matière foncière, domaniale et cadastrale, s’est tenue à Douala, le 20 août 2025.
La rencontre a été placée sous la présidence du gouverneur de la région du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, témoignant ainsi la volonté gouvernementale de repenser le cadre juridique et institutionnel régissant la gestion des terres au Cameroun. L’ouverture solennelle de cet atelier a été marquée par les interventions éclairées de Christian Poro, chef de projet «local consultations for an Inclusive land policy in Cameroon (Locil)» pour le compte de l’action pour le Développement Communautaire (Adc)/Rri, soulignant au passage l’importance capitale de cette concertation pour garantir une politique foncière véritablement inclusive. «Grand est mon honneur de prendre la parole en ce jour de lancement de cette concertation interrégionale impulsée par le ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires Foncières (Mindcaf), visant à collecter les attentes des parties prenantes des régions du Littoral et du Sud-ouest, en vue d’informer le processus d’élaboration du Document national de politique en matière foncière et domaniale au Cameroun», a-t-il déclaré avec emphase.
Il poursuivra son argumentaire, en rappelant l’engagement indéfectible de l’Adc, une association camerounaise basée à Garoua, à accompagner les pouvoirs publics dans l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi des politiques publiques. Il a mis en exergue le rôle crucial du projet Locil, financé par la Coalition rights and resources initiative, dans la collecte des attentes des acteurs locaux des régions du Littoral et du Sud-ouest. Fort d’une démarche participative, l’Adc a sillonné pas moins de 15 arrondissements des départements du Fako, du Moungo, de la Sanaga maritime et du Wouri, afin de recueillir les préoccupations et les aspirations des populations locales.
Aussi, cette approche audacieuse a permis d’élaborer une note de proposition substantielle, destinée à éclairer les discussions et à alimenter les prochaines étapes de l’élaboration de la politique en matière foncière et domaniale au Cameroun. À sa suite, Kamgang Constante Clarisse, chef de la division des études, de la planification et de la coopération, chef de délégation/Mindcaf, a mis l’emphase sur la nécessité d’une approche concertée et inclusive pour garantir une réforme foncière réussie. Se réjouissant, de l’engagement des différents acteurs présents, notamment les présidents des conseils régionaux, les préfets, les maires, les chefs traditionnels, les représentants de la société civile et les partenaires techniques et financiers.
Les enjeux étant de haute facture à savoir : sécurisation des droits fonciers, promotion d’un développement économique et social durable, préservation de l’environnement, lutte contre la corruption et les conflits liés à la terre… Autant de défis majeurs auxquels le Cameroun doit impérativement répondre pour assurer un avenir prospère et harmonieux à ses populations.
L’atelier de Douala est un début de solution qui s’inscrit dans une dynamique nationale plus large, initiée par le Ministère des domaines du cadastre et des affaires foncières (Mindcaf), visant à doter le Cameroun, d’un cadre juridique et institutionnel moderne et adapté aux réalités du terrain. Après les premières concertations fructueuses d’Ebolowa (pour les régions du Centre, du Sud et de l’Est) et à Garoua (pour les régions septentrionales), cette troisième étape à Douala, marque une avancée significative dans le processus d’élaboration du Document de politique nationale en matière foncière, domaniale et cadastrale.
Les jours suivants l’ouverture de l’atelier ont été marqués par des discussions approfondies sur les différents thèmes clés de la réforme foncière. Au centre des débats, on y a noté des préoccupations sur la clarification des régimes fonciers traditionnels et modernes, la simplification des procédures d’immatriculation, la protection des droits des populations autochtones, la promotion de l’égalité entre les sexes en matière d’accès à la terre, et la mise en place de mécanismes efficaces de résolution des conflits fonciers.
Outre cela, les participants se sont penchés sur les défis liés à la gestion durable des ressources naturelles, à la lutte contre la déforestation et à l’adaptation aux changements climatiques. L’objectif principal étant de parvenir à une politique foncière qui soit non seulement juste et équitable, mais aussi respectueuse de l’environnement et garante de la sécurité alimentaire.
Au-delà des aspects techniques et juridiques, la réforme foncière représente un enjeu de société majeur. Elle implique un changement profond des mentalités et des pratiques, ainsi qu’un renforcement de la confiance entre les différents acteurs. C’est pourquoi, l’implication de toutes les parties prenantes, y compris les populations locales, les organisations de la société
Soulignons que, les contributions issues de cet atelier inter-régional seront intégrées dans le Document de politique nationale en matière foncière, domaniale et cadastrale, qui sera ensuite soumis à l’approbation des plus hautes autorités de l’État. La mise en œuvre de cette politique constituera une étape décisive pour le développement du Cameroun et la consolidation de son modèle de gouvernance.

