(Georges SEMEY). Alors que ces derniers attendent des mesures urgentes et drastiques concourant à un retour durable du courant électrique dans cette localité, le successeur d’Eneo promet et promet encore. Au grand dam de ces créateurs de richesse, obligés de recourir à un système « D », coûteux, inefficace et improductif. Ils interpellent urgemment, Oumarou Hamandjoda, le Directeur général de la Société camerounaise d’électricité (Socadel).
Dibamba, localité du Département de la Sanaga Maritime, et zone économique en pleine croissance. Située à environ 30 kilomètres de Douala, ce bout de territoire se transforme progressivement en un pôle industriel, à l’instar de Bonaberi ou de Bassa. En effet, de nombreuses unités de production y ont fait leur tremplin de compétitivité, dans divers secteurs: huilerie, savonnerie, hôtels, distribution, hydrocarbures, quincailleries, automobiles, logistique etc…..
Et pourtant, depuis quelques semaines, cette zone subit les affres malencontreux des coupures de courant électrique, impactant négativement et sévèrement sur leur productivité. Les obligeant à colmater les brèches avec des groupes électrogènes de forte capacité (200 Kva ou 400 Kva), mais extrêmement budgétivores. Conséquences directes: une baisse de la production, une augmentation du coût de production, un recul de compétitivité et une rotation minimale de la ressource humaine, contraint à un déploiement à temps partiel, en plus de pertes vertigineuses de bénéfices.
« Coupures, instabilité de l’alimentation électrique, interruptions des chaînes de production et recours régulier aux groupes électrogènes rythment désormais le quotidien de certaines unités industrielles. Pour une industrie, l’électricité n’est pas un simple service de confort. C’est un outil de production. Lorsqu’elle devient instable, c’est toute la chaîne industrielle qui est affectée. Les entreprises doivent alors supporter le carburant des groupes électrogènes, leur maintenance, les pièces de rechange, les arrêts et redémarrages des machines, les pertes de productivité et l’augmentation générale des coûts de production. », déplore un industriel de la zone, fortement impacté par cette perturbation.
Les grands comptes dans le doute
Rappelons que dans le portefeuille de la Société camerounaise d’électricité (Socadel), les entreprises sont classifiés « grands comptes », au regard de leur volume important d’absorption de l’énergie électrique, ainsi que leur capacité élevée en puissance électrique augmentable. La zone de la Dibamba dénombre, en effet, de plusieurs entreprises classées dans ce registre, mais confrontées à un dilemme: une sous-capacité du courant électrique et des coupures d’électricité régulières. Faute d’une offre suffisante, la Socadel se voit dans l’obligation de procéder à un rationnement de la distribution de l’énergie électrique, par coupures ou délestages.
Cette complainte persistante intervient au moment où la Socadel a signé ce 31 août 2026, avec General Bank of Cameroon Capital Securities, filiale de General Bank of Cameroon (ex-Société Générale), Afriland first Bank et BGFIBank Cameroun, un mandat portant sur la mobilisation, la structuration et la syndication auprès des établissements de crédits locaux, d’une enveloppe de 200 milliards de FCFA.
General Bank of Cameroon Capital Securities a été mandatée comme arrangeur et chef de file de cette opération au profit de la Socadel. Les fonds seront destinés, apprend-on de la Socadel, au financement des investissements prioritaires dans les infrastructures de production, de distribution et de commercialisation de cette entreprise publique de production de l’énergie électrique, afin d’améliorer sa qualité de service. L’opération est segmentée en deux composantes: un montant de 50 milliards de FCFA négociés en revolving (disponibilité de réserve financière maximale), et la somme de 150 milliards de FCFA, à débloquer en crédit moyen terme.
Rappelons que l’opération de ce 31 août 2026, intervient après la signature, le 1er juillet 2026, d’un premier mandat conduit par General Bank of Cameroon, pour la mobilisation de 60 milliards de FCFA, au profit de la Socadel. Ce mandat distinct porte sur le financement d’investissements prioritaires dans les infrastructures de production, de distribution et de commercialisation, afin d’améliorer progressivement la qualité du service.
Oumarou Hamandjoda interpellé
La grande annonce du financement obtenu par la Socadel laisse songeurs les opérateurs économiques de la zone Dibamba, qui n’en demordent toujours pas au lendemain de la conclusion de cet arrangement avec le consortium de banques: « le Cameroun ne peut pas ambitionner de bâtir de nouveaux pôles industriels, tout en laissant l’énergie devenir l’un de leurs principaux facteurs de fragilité. Fibamba possède le potentiel pour devenir l’un des grands poumons industriels de Douala et du Cameroun. Mais une zone industrielle ne peut se développer durablement avec des usines fonctionnant sous groupes électrogènes », pense l’un d’eux.
Qui interpellent directement le Directeur général de la Socadel, Oumarou Hamandjoda, et proposent: une suite concrète et rapide de la Socadel, une concertation avec les entreprises exerçant leurs activités dans la zone de Dibamba, un diagnostic précis de la situation de desserte dans la localité, l’installation d’un dispositif spécifique de sécurisation de l’alimentation électrique du bassin industriel de Dibamba.
« Cette situation devient économiquement difficilement soutenable. À cette allure, certaines entreprises pourraient réduire leurs activités, suspendre des lignes de production et, dans les situations les plus critiques, envisager leur fermeture. Ce serait un paradoxe au moment où le Cameroun cherche à attirer davantage d’investissements industriels et à promouvoir la production locale, des entreprises déjà installées pourraient être fragilisées faute d’une alimentation énergétique suffisamment fiable », a conclu, sous anonymat, un nouvel opérateur qui fondait pourtant de gros espoir dans ce bassin industriel.

