7 juillet 2026

Cemac: la Beac revoit à la baisse ses différents taux directeurs

(Georges SEMEY). C’était le 29 juin 2026. L’ordre du jour examiné portait sur les perspectives macroéconomiques internationales et sous-régionales, lors d’une session du Comité Politique Monétaire (Cpm) de la Beac (Banque des États de l’Afrique centrale), réuni en sa deuxième session ordinaire de l’année 2026, présidée par Yvan Sana Bangui, le Gouverneur.

Après d’intenses travaux déroulés dans un contexte particulier sur le plan mondial (poursuite de la guerre en Ukraine, tensions au Moyen Orient), il ressort des travaux, qu’au niveau international, le Fonds monétaire international (Fmi), prévoit une croissance économique mondiale en régression de 0,3 %, soit 3,4% en 2025, et 3,1% en 2026. Cette baisse effectuée suite à une mise à jour par l’institution de Btetton Woods, des perspectives de l’économie mondiale d’avril 2026, s’explique par les tensions géopolitiques sur plusieurs fronts mondiaux.

Cette tendance se confirme au niveau de la zone Cemac (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale). Les services de la Beac envisage pour l’année 2026, une baisse conjoncturelle du taux de croissance de la zone de l’ordre de 0,2%. Il se situait à 3,4% en 2025, mais les données prévisionnelles de l’année en cours indiquent un taux de 3,2%.

Concernant le niveau général des prix contenue sous la norme communautaire, la Cemac table sur une progression du taux d’inflation en moyenne annuelle qui pourrait se situer à 2,4% sous la même période. Ce taux était de 2,1% en 2025. Soit une augmentation de 0,3%. La Beac annonce dans la même veine, un repli du déficit du solde budgétaire, base engagements, hors dons de l’ordre de 1,9% en 2026, contre 3,7% en 2025. Net repli de 1,7%.

Le compte courant de la zone a aussi subi un léger mouvement régressif. Il est envisagé un déficit, dons officiels compris, situé à 2,9 % du produit intérieur brut en 2026, contre 4,0% du Pib en 2025. Pour un déficit net de 2,1%. Sur les prévisions de la masse monétaire au 31 décembre 2026, la Beac table sur une augmentation de 13,1%.

Même dynamique pour les réserves de change en mois d’importation de biens et services, qui connaîtront, selon les prévisions de la banque centrale, une hausse marginale représentant 4,72 mois, contre 4,12 mois en 2025. Autre indicateur examiné comme d’accoutumée, le taux de couverture extérieure de la monnaie prévu pour s’établir à 70,7%. Ledit taux se fixait à 65,2% en 2025.

Fort de ces indicateurs, le comité de politique monétaire a décidé de revoir à la baisse le taux d’intérêt des appels d’offres de 4,75 % à 4,50 %, le taux de la facilité de prêt marginal de 6,25 % à 5,75 %, les coefficients des réserves obligatoires de 7,00 % à 6,50% sur les exigibilités à vue, et de 4,50% à 4,00% sur les exigibilités à terme. « En revanche le comité de politique monétaire a décidé de maintenir le taux de facilité de dépôt à 0,00% », a conclu Yvan Sana Bangui, qui ajoute que ces décisions interviennent dans un contexte marqué par une inflation maîtrisée, une amélioration attendue des réserves de change et un renforcement de la position extérieure de la Cemac.

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