Yoyo-Yolanda: comment Chevron, Baker Hugues, Murphy West Africa et Octavia Energy envisagent accelerer le projet gazier
(Georges SEMEY). En l’espace de douze (12) mois, les parties prenantes ont mis les bouchées doubles: un accord intergouvernemental transfrontalier, un cycle d’appel d’offres international compétitif, l’entrée de plusieurs compagnies internationales mondialement reconnues. Fuh Calistus Gentry, le Ministre par interim des mines, de l’industrie et du développement technologique (Minmidt), a inauguré le siège de l’entreprise américaine Baker Hugues, ce 26 juin à Douala.
Les délais impartis pour la mise en oeuvre du grand projet gazier de Yoyo-Yolanda seront-ils respectés ? Question fondamentale qui taraude les esprits. Après l’accord d’unitisation (traitement d’un réservoir unique exploité par les deux pays, les règles techniques consensuelles et opérationnelles, afin d’éviter une production concurrente et sécuriser le partage des volumes, harmonisation des deux blocs situés de part et d’autre de la frontière maritime entre les deux pays) du champ gazier transfrontalier entre le Cameroun et la Guinée Équatoriale, signé le 3 février 2026, les différents segments du projet germent progressivement.
L’entrée en scène de Baker Hugues
Le 26 juin 2026, Fuh Calistus Gentry, le Ministre par interim des mines, de l’industrie et du développement technologique (Minmidt), a inauguré le siège de l’entreprise américaine Baker Hugues, spécialisée dans les technologies de forage, les services aux puits, les solutions numériques et l’optimisation de la production. Baker Hugues interviendra, au regard de son expertise mondiale, à améliorer les performances des opérations d’exploration, favoriser la découverte de nouveaux gisements, renforcer le contenu local et à assurer un important transfert de technologies et de compétences au profit des ingénieurs et techniciens camerounais.

Prise de 4 blocs encore attendue
Rappelons que le champ gazier de Yoyo-Yolanda regorge de très importantes réserves géologiques, évaluées par les experts à environ 2.500 milliards de pieds cubes de gaz naturel, soit 70,75 milliards de mètres cubes). Dans la continuité des actions vers la concrétisation de ce méga projet, l’on apprendra de la Société nationale des hydrocarbures (Snh) que l’immense chantier sera exécuté par la filiale du groupe américain Chevron, Noble Energy. Un investissement estimée à environ 4 milliards de dollars Américains.Toujours d’après la Snh, l’appel d’offres international portant sur neuf (9) blocs d’exploration et de production couvrant les deux principaux bassins pétroliers et gaziers du pays, Rio del Rey et Douala/Kribi-Campo a été lancé par la Snh, le 1er août 2025. « À ce jour, 5 blocs sont entrés en phase de négociation de contrats de partage de production », renseigne la Snh.
Dans le détails, et au terme des négociations, la compagnie pétrolière indépendante américaine Murphy (Murphy West Africa) a remporté 4 blocs, tandis qu’Octavia Energy a obtenu le bloc Bolongo dans le bassin de Rio del Rey. Crucial, Noble Energy a la possibilité d’exploiter les infrastructures régionales de liquéfaction et d’exportation existantes.
« Le renforcement des réserves constitue un enjeu majeur pour garantir la sécurité énergétique du pays, soutenir l’industrialisation et préserver la souveraineté énergétique du Cameroun. », a fait observer Fuh Calistus Gentry, lors de l’inauguration du Centre Baker Hugues de Douala.

Construit dans la zone portuaire de Douala-Bonaberi, le centre, hub des opérations de Baker Hughes au Cameroun et en Afrique centrale, est constitué de: un immeuble de bureaux, des ateliers, un entrepôt, un parc de stockage, une unité de préparation des boues de forage, une installation de ciment en vrac, un laboratoire de ciment et un espace sécurisé pour certains équipements techniques utilisés dans les opérations pétrolières etc…« L’implantation de Baker Hughes intervient à un moment stratégique où le Cameroun entend accélérer le développement du méga projet gazier Yoyo-Yolanda et intensifier les activités d’exploration pétrolière afin d’accroître les réserves nationales en pétrole et en gaz », se réjouit le Ministre Calistus Gentry.
La Snh rassure
Notons la présence de Hatem Salem, le vice-président du groupe Baker Hugues pour l’Afrique subsaharienne, du Gouverneur de la Région du Littoral, du 2ème adjoint au Maire de la ville de Douala, de l’Inspecteur général du Minmidt, des Directeurs des mines et de l’industrie, ainsi que des autorités administratives, municipales et traditionnelles. Une mobilisation qui conforte la Snh dans le déroulement serein de la mise en oeuvre du méga projet Yoyo-Yolanda. « ….Ces résultats se sont concrétisés en l’espace de douze mois seulement. Un accord intergouvernemental transfrontalier, un cycle d’appel d’offres international compétitif, l’entrée de plusieurs compagnies internationales de premier rang, autant de réalisations qui requièrent chacune une planification stratégique claire, une fermeté dans la négociation et une capacité d’exécution solide…. ».

Ce projet prévoit le forage de trois (3) puits et la construction de deux pipelines d’exportation vers Bipaga (Cameroun) et Punta Europa (Guinée Équatoriale). Concernant les quotités de répartition entre le Cameroun et la Guinée Équatoriale, le gisement est réparti à 84 % pour le bloc Camerounais (Yoyo) et 16 % pour le bloc Équato-guinéen (Yolanda).