24 mai 2026

Accès et exploitation des données: universitaires, Entreprises et Étudiants débattent autour de l’ITIE

(Auguste Domo). Sur la base des données du rapport ITIE (Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives) 2023, ces acteurs et bien d’autres, ont exploré les contours des éléments qui s’imposent comme une matière première pour l’analyse, la critique, la recherche et la production académique. Il s’agit de l’un des objectifs majeurs recherché par les organisateurs de la conférence débat, tenue ce 18 mai 2026, à l’université de Douala sous le thème : «L’ITIE sous le prisme de la Responsabilité Sociale des Organisations (RSO)».

Ce riche rendez-vous d’échanges et partage des connaissances auxquels ont pris part des étudiants, enseignants, chercheurs, hommes de médias, responsables d’administrations publiques, de la société civile et des entreprises extractives, a été enrichi par les exposés du Pr. Thomas ATENGA, Président du LACOCOM de l’Université de Douala, le Dr. Blasius NGOME, Expert en Communication des Organisations, porteur de ce projet organisé au niveau national par le L’ITIE, le Dr. Jean Camille TONJE, Sous-Directeur du Cadastre minier, Jessica ABEGA, Directeur général adjoint d’ADDAX, membre du Groupe Multipartite, Société extractive, Jules W. MBALLA, Directeur Relations Publiques de COTCO et Aristide MIMBANG, Directeur des Mines. Sous des échanges modérés par le Pr. Georges MADIBA, Professeur des universités.

Leurs interventions ont respectivement porté sur les liens entre espace public, gouvernance, communication et responsabilité des organisations, la définition de l’ITIE, de la RSO et la présentation de leur dénominateur commun, l’importance des dépenses sociales et environnementales des entreprises du secteur des hydrocarbures et du secteur minier à la lumière des données du Rapport ITIE 2023, l’importance des données ITIE pour le secteur minier, à l’heure des grands projets miniers et de la mise en place de la mine industrielle au Cameroun.

Des exposés de ces éminents scientifiques, nous avons appris que les rapports ITIE rassemblent une pléthore d’informations sur la gouvernance, la fiscalité, l’environnement, les transferts infranationaux, l’emploi, les exportations, l’octroi des titres, la propriété effective, les coûts des projets et les mécanismes de redevabilité publique. Ils offrent «un cadrage susceptible d’inciter les étudiants, enseignants-chercheurs et jeunes chercheurs à transformer la donnée publique en sujets de mémoires, de thèses, de dissertations, de communications scientifiques et de travaux appliqués sur la gouvernance extractive au Cameroun».

Promouvoir les données ITIE en milieux universitaires

Selon les informations recueillies ce 18 mai, la tenue de cette conférence-débat avait pour finalité, d’introduire les discussions sur l’ITIE dans les milieux universitaires, afin de les faire connaître sur le plan de la communication globale, de l’incitation à la recherche scientifique et de la diffusion des bonnes pratiques de transparence dans les industries extractives.

L’ITIE ou Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives, renvoie à cette norme internationale de transparence et de redevabilité. Elle vise à rendre publiques, compréhensibles et discutables les informations essentielles sur la gouvernance des ressources extractives: cadre légal, contrats, licences, revenus, transferts, participation de l’État, contribution économique, dépenses sociales et environnementales.

Parlant des étudiants, elle revêt pour ces derniers, un double intérêt, notamment, la fourniture des données utilisables pour la recherche, et l’apprentissage des politiques publiques avec esprit critique. «Un étudiant en droit, en économie, en science politique, en sociologie, en géographie, en journalisme, en management, en communication, en environnement, en finances publiques ou en relations internationales peut y trouver une base concrète pour travailler», expliquaient les membres du comité ITIE.

Rappelons qu’en 2024, le Cameroun a été suspendu de l’initiative ITIE, faute de progrès satisfaisants dans l’engagement de la société civile et des mesures restrictives limitant la liberté d’expression. Le pays a évité de justesse une radiation définitive en transmettant in extremis ses rapports retardés.

Depuis, Yaoundé tente de renverser la tendance er redorer son blason en apportant des réformes dans le secteur extraction national. Alors que l’on attendait en avril 2027, la prochaine validation, après que le Cameroun ait apporté des mesures correctives à une vingtaine d’exigences, et que l’ensemble des acteurs du processus se soient approprié une compréhension claire de la norme 2023, qui est plus exigeante sur des questions comme la propriété effective ou encore les questions de transition énergétique, un rapport de l’ITIE a entaché cette dynamique.

En effet, le Cameroun n’a déclaré que 22,3 kg d’exportations d’or en 2023, laissant planer de forts soupçons d’existence de canaux offshore d’exportation de ce minerai, ainsi que la conduite probable d’activités de propagande. Une communication poignante et décisive sur l’ITIE, se fondant sur le rapport 2023 était indispensable pour les parties prenantes et futurs décideurs. Dans une communication portant sur le thème « Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives et responsabilité sociale des entreprises: enjeux communicationnels », le Pr Thomas ATENGA, pense que « dans la gestion des crises et la réputation, les informations circulent instantanément via les réseaux sociaux. L’ organisation doit anticiper, réagir rapidement et maîtriser sa e-réputation face à des crises devenues plus fréquentes et complexes ».

Et l’expert de rajouter que « dans le cadre de la responsabilité sociétale des entreprises, les parties prenantes sont de plus en plus exigeantes sur les engagements environnementaux et éthiques. La communication doit prouver la véracité des engagements pour éviter toute accusation de greenwashing ». Notons que le rapport ITIE 2023 cite les conventions de C&K Mining, G-Stones Resources, Cimencam, Codias, Sinosteel et Geovic.

«Au-delà d’une lecture limitée à la RSE, la rencontre de ce 12 mai 2026, entendait montrer aux étudiants, aux chercheurs et aux médias que les rapports ITIE constituent une source riche pour l’analyse de la gouvernance extractive, des finances publiques, de l’environnement, de l’emploi, des territoires et de la redevabilité publique», renseignait le Ministre des Finances, par ailleurs président du comité ITIE.

L’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives est un standard international instituée pour une gestion ouverte et responsable des ressources tels le pétrole, le gaz et les ressources minières. Plus de 50 pays sur 4 continents sont assujettis à cette exigence normative avec pour objectif de suivre la chaîne de valeur du secteur extractif pour que les ressources profitent à tous. Concrètement, l’ITIE consiste à collecter et fiabiliser des informations sur l’exploration, l’exploitation, l’exportation des ressources, publier de façon détaillée et annuelles les informations y relative, et les diffuser largement pour alimenter le débat public sur la gouvernance du secteur extractif. C’est en 2005 que le Cameroun adhère à cette initiative internationale.

Le Comité national de l’Itie au Cameroun est présidé par le Ministre des finances, avec comme vice-Président, le Ministre des mines, de l’industrie et du développement technologique.

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