22 juillet 2026

Affaire Mv Sea Honor/ Mv Black Rhino: le Ministre Massena Ngalle Bibehe dresse un cahier de charges pour une sortie de crise

(DIM DIM). À la suite de la collision survenue dans le chenal d’accès du Port de Douala-Bonabéri dans la nuit du 11 au 12 juillet 2026, le Ministre des transports, Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe, a effectué le 20 juillet 2026, une visite d’inspection sur le site. Ce, pour débloquer la crise et sécuriser « le poumon logistique » de la zone Cemac.

Sur le terrain, deux situations distinctes. Le Mv Sea Honor a pu être remorqué avec succès, à hauteur de la boué n°20 jusqu’à à la bouée n°9, où il subit des réparations urgentes, sous contrôle quotidien. En revanche, le Mv Black Rhino reste partiellement immergé, avec une gîte prononcée, qui menace l’équilibre de sa cargaison de conteneurs.

Pour le Ministre, l’enjeu dépasse l’avarie maritime.

«Dans la géopolitique des transports en Afrique Centrale, le chenal de Douala-Bonabéri s’assimile à l’artère coronaire du commerce extérieur camerounais et de l’hinterland Centrafricain et Tchadien. Tout incident y survenant touche à la sécurité économique nationale », a-t-il déclaré. La priorité de la cellule de crise, pilotée par le Ministère des transports, le Port Autonome de Douala et les circonscriptions maritimes, était de préserver la continuité des flux. Ce qui a déjà été fait. Et d’ajouter: «je me félicite de la reprise normale du trafic et du professionnalisme des équipes de remorquage et de pilotage».

Toutefois, il appelle à la prudence sur les conclusions. «L’enquête de sécurité maritime se poursuit conformément aux dispositions du Code de la marine marchande et aux standards internationaux. Il serait prématuré de tirer des conclusions ou d’attribuer des responsabilités avant son achèvement», a insisté Jean Ernest Massena Ngallé Bibehe. La Commission d’enquête a reçu instruction d’exploiter, sans délai, les données des boîtes noires, les enregistrements et toutes les communications pour reconstituer la chaîne causale de l’abordage. Par ailleurs, la réunion de crise tenue à Douala, a mis un accent le Mv Black Rhino, où L’État du Cameroun refuse de supporter le coût de l’inertie.

Les résolutions pour une sortie de crise

Issues de la réunion où tous les acteurs de la zone portuaire, les services spécialisés et la tutelle technique, sous la coordination du Ministre des transports, il ressort que : l’armateur dispose de huit (8) jours pour déposer un plan définitif de dégagement. Ce document devra préciser : la stabilisation de la gîte, l’enlèvement progressif et sécurisé des conteneurs, avec validation des calculs de stabilité, et le déploiement des moyens lourds.

Aussi, «l’armateur a quinze (15) jours pour engager effectivement les travaux sur le terrain. À défaut, une mise en demeure de huit (8) jours lui sera notifiée. En cas de carence persistante, l’administration procédera à l’exécution d’office des travaux de renflouement, aux frais, risques et périls exclusifs de l’armateur, conformément à la législation maritime en vigueur», a précisé le membre du gouvernement. Il convient de révéler qu’au regard des résolutions, l’injonction vise directement l’armateur, les assureurs P&I Club et les sociétés de classification.

Face au risque de pollution, un dispositif permanent a été déployé. Sous la coordination de la Délégation régionale des transports pour le Littoral, avec la Société nationale des hydrocarbures (Snh) et le Ministère de l’environnement, de la protection de la nature et du développement durable (Minepded), une surveillance continue de la qualité des eaux de l’estuaire du Wouri est assurée, pour prévenir tout rejet d’hydrocarbures. Sur le plan nautique, la zone reste réglementée : balisage lumineux, surveillance active par le Port autonome de Douala, et diffusion permanente d’avis aux navigateurs, pour imposer vitesse réduite et espacement autour de l’épave.

Toutefois, pour éviter les lenteurs, une cellule de suivi a été créée. «L’Inspecteur général des services du Ministère des transports est désigné comme Point focal de l’opération. En collaboration avec le Délégué régional des transports pour le Littoral, il me transmettra un rapport consolidé toutes les soixante-douze heures», a précisé Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe.

Le Ministre, en jouant le protecteur des intérêts des uns et des autres, reste tout de même ferme. Il entend rappeler que la souveraineté maritime du Cameroun est non-négociable. La préservation de l’espace portuaire et écologique reste, selon lui, «une priorité républicaine». Avec ce calendrier de 15 jours désormais lancé, tous les regards sont tournés vers l’armateur du Mv Black Rhino.

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