(DIM DIM). Le chef de 3ème degré du village Babenga, dans l’arrondissement de Dibombari, l’a fait savoir au détriment de la position de ceux qu’il considère comme ses détracteurs. Cette déclaration fait suite à sa destitution des fonctions de Chef traditionnel, suite à un arrêté préfectoral signé le 22 janvier 2026, par Yves Bertrand Noël Ndjana, préfet du Moungo.
Dans sa résidence à Babenga, le lundi 9 février 2026, la notabilité dit « être surpris de tout ce qui se passe, j’apprends que j’ai été destitué de mes fonctions, alors que je n’ai jamais reçu de blâme, ni d’avertissement de ma hiérarchie (sous-préfet, préfet et ministre de l’administration territoriale). De plus je n’ai pas été notifié de ma destitution », a déclaré le gardien de la tradition, qui conteste et juge illégal cet arrêté.
Or, une fraction de la population du village Babenga a dit MERCI au chef de l’État Paul Biya après la destitution du chef Gustave Jean Claude Modi Dissake, à travers une marche dans les artères du village Babenga, ce 9 février 2026. Chants, sons de cloche, vêtus de vêtements noirs, et des feuilles de bananiers sèches utilisés par les habitants de Babenga, qui ont organisé une marche pacifique pour exprimer leur gratitude envers le chef de l’Etat, S.E. Paul Biya, et les autorités administratives locales.
À en croire le Rev. pasteur Emilie Ekambi Ekambi, « cette action symbolique intervient après la destitution officielle de leur chef de village, Gustave Jean Claude Modi Dissake, suite à un arrêté préfectoral pris le 22 janvier 2026. Cette décision a été le fruit d’une enquête administrative et sécuritaire approfondie, visant à restaurer la paix sociale et préserver la cohésion au sein de la communauté de Babenga ». Après deux (2) ans de bataille dans les tribunaux, et les dénonciations de corruption, braderie de terres, conspiration avec des compatriotes de petites vertues, contre le village Babenga, sont autant de griefs reprochés à sa S.M Gustave Jean Claude Dissake.
En exprimant leur reconnaissance aujourd’hui, les habitants ont tenu à dire «Merci» au président Paul Biya et aux autorités compétentes pour leur soutien dans la résolution de ce conflit interne, et pour avoir réaffirmé l’importance de l’État dans le maintien de l’ordre et de la stabilité dans le village. Pour cette faction des populations villageoises de Babenga, cette action souligne l’importance de l’action collective et du rôle central des autorités pour garantir la paix et l’unité des populations, permettant ainsi au village de tourner la page et d’aller de l’avant.
Une position qui est battue en brèche par les soutiens du chef déchu, qui voit en ça une manœuvre qui veut déboucher sur le contrôle des terres de ce village. Précisons que S.M. Gustave Jean Claude Modi Dissake, appartenant au foyer regnant Bona Diboundje Tete du village Babenga, reste campé sur sa position, et réaffirme son attachement à son trône, et entend assurer ses fonctions de Chef de 3ème degré du village Babenga, en toute quiétude.
D’ailleurs, d’une oreille autorisée et crédible, il ressort que la pomme de discorde est une affaire foncière (une île de 950 ha appartenant au village Babenga), qui serait à l’origine de toute cette cabale, le chef du Village serait à couteaux tirés avec des prédateurs fonciers qui souhaitent s’accaparer des terres du village.
Le chef actuel de Babenga et les populations de ce village ont saisi une organisation des droits de l’homme, pour faire entendre leurs voix, afin qu’ils soient protégés selon les lois et règlements de la république du Cameroun. D’après le Dr Apollinaire Djokwe, chargé des affaires judiciaires, du fonds africain d’aides judiciaires et de la promotion des droits de l’homme( Faj-Pdh), assistant et défenseur de ceux dont les droits sont violés conformément aux dispositions de la loi 1977 organisant les chefferies traditionnelles au Cameroun, en ses articles 29, 30 et 31, « il ne revient pas au préfet d’un département de procéder à la destitution d’un chef traditionnel de 3 ème degré », a-t-il rappelé. Pour le juriste l’acte pris par le préfet du Moungo est hautement illégal et l’autorité administrative a outrepassé ses pouvoirs.
Au regard de l’évolution des faits, cet acte qui se voulait réconciliateur, est venu mettre le feu à une poudrière endormie, donnant lieu a des vélléites, jusqu’ici étouffées par un vivre-ensemble parfois mitigé. Pour l’heure, larrêté préfectoral signé le 22 janvier 2026 fait état de la destitution du chef du village Babenga, S.M. Jean Claude Dissake, qui lui dit, être toujours, en fonction et invite ses contestataires à venir autour de la table du dialogue. Une affaire qui annonce d’autres rebondissements.

