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Catastrophes: les dangers qui guettent les villes côtières d’Afrique centrale

(DIM DIM). Frappées par les effets pervers des changements climatiques, causes de nombreuses catastrophes, les villes côtières d’Afrique centrale envisagent asseoir des solutions communes contre les conséquences de ce dérèglement écosystémique.

Lors des travaux de l’atelier sous‑régional organisé par la Fao, qui a porté sur le renforcement de la résilience au changement climatique des villes et écosystèmes côtiers d’Afrique centrale. Placés, sous la présidence de Paul Tchawa, Secrétaire général du Ministre de l’environnement, de la protection de la nature et du développement durable (Minepded). représentant le Ministre. Experts, décideurs publics, élus locaux et partenaires techniques, se sont réunis pour deux jours de discussions, à Douala. Les travaux se sont ouverts le 18 décembre à Douala jusqu’au 19 décembre 2025.

Face aux marées montantes et à l’érosion qui rongent ses littoraux, l’Afrique centrale décide d’unir ses voix, afin d’adresser des solutions concrètes, qui protégent les populations et les activités économiques d’une région, en proie au changement climatique menaçante. Au nom du Dr Athman Mravili, représentant du Csr-Sfc, Oumar Ndiaye, a salué
la forte mobilisation des acteurs institutionnels, techniques et municipaux. Selon le responsable de la Fao (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), « l’importance de cette rencontre est de partager les expériences et les données scientifiques, afin de relever ensemble le défi de la vulnérabilité croissante des zones côtières ». Et de souligner que la présence du point focal opérationnel du Fonds mondial pour l’environnement (Fem), représentant le Ministre de l’environnement, de la protection de la nature et du développement durable du Cameroun, est un signe fort de l’intérêt porté par les autorités à cette problématique stratégique.

Comment doit s’opérer la résilience ?

Au regard de la pertinence du sujet, certains élus locaux des pays membres, ont partagé leurs expériences, réagissant au micro des journalistes. Alain Mbouity, 4ème adjoint au Maire de la Commune d’Akanda, a rappelé que: «nos attentes ne s’arrêtent pas-là, car à Akanda elles sont nationales. Avec plus de 800 km de côtes au Gabon et dans la sous-région, nous voulons intégrer et partager les expériences et problèmes, afin de trouver des solutions régionales. J’attends de cet atelier des voies de solution qui permettront, même à l’échelle étatique, de rendre nos pays plus stables face à l’attaque des eaux».

Bien qu’étant originaire du même pays le Gabon, Mbatchi Judicaël, Maire de la commune de Mayumba a souligné l’urgence de renforcer coopération entre communes du Gabon d’abord et des autres pays ensuite, mais également avec les chercheurs et États: «la protection de nos littoraux ne peut être menée isolément. Partager les expériences et bonnes pratiques entre villes côtières est la clé pour bâtir des solutions durables qui préservent nos populations et nos écosystèmes».

Pour le Dr Amougou Joseph Armathé, Directeur général de l’Onacc (Observatoire national sur les changements climatiques), il y’a une nécessité de fonder toute stratégie d’adaptation sur des preuves solides : «la recherche des solutions relatives à l’impact des changements climatiques sur les zones côtières, doit se baser sur des évidences scientifiques robustes, notamment l’élévation du niveau de la mer et la dégradation des mangroves. Toute approche qui ne prend pas en compte ces données n’est pas durable. L’Onacc fournit ces preuves, car s’adapter, signifie s’ajuster à des réalités mesurables. C’est notre rôle dans la lutte contre les changements climatiques», a-t-il indiqué.

Stratégies adaptées

Avec près de 3.600 kilomètres de côtes et des écosystèmes fragiles mais vitaux, mangroves, récifs coralliens, herbiers marins, l’Afrique centrale concentre environ 70 % de sa population dans des villes comme Douala, Kribi, Libreville, Port-Gentil, Pointe-Noire, Malabo ou São Tomé. Ces zones abritent des activités économiques stratégiques, de la pêche au tourisme. Mais elles sont aujourd’hui menacées par les inondations récurrentes, l’érosion et la dégradation des infrastructures.

Constatons que chaque pays de la zone côtière de la zone Afrique centrale semble avoir des expériences différentes dans la gestion de leur écosystème, pour ne pas être divergent dans leur démarche. Au niveau du Cameroun, Paul Tchawa, Secrétaire général du Ministère de l’environnement, de la protection de la nature et du développement durable, préconise également une approche concertée, transfrontalière et fondée sur la coopération entre États, chercheurs, collectivités territoriales et société civile. Qui permettra de bâtir des projets régionaux solides. D’où la présence des chercheurs et universitaires, ainsi que les points focaux du Fem, venus partager leurs données et recommandations, afin de bâtir un programme régional impliquant les villes partageant des réalités similaires sur le littoral atlantique. À contrario, la Fao met l’accent sur la nécessité de mobiliser les financements climatiques internationaux, et d’élaborer des stratégies adaptées aux visions nationales, à l’image de la Stratégie nationale de développement à l’horizon 2030 du Cameroun.

Au terme de cet atelier, les participants nourrissent la volonté d’engranger des orientations concrètes et des mécanismes de coopération régionale, visant à consolider et renforcer durablement la résilience climatique des littoraux d’Afrique centrale, avec l’appui technique et institutionnel de la Fao et l’implication active de tous les acteurs locaux et régionaux. « Une ambition vitale dans une région où chaque marée et chaque tempête rappellent l’urgence d’agir », a conclu Paul Tchawa.

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