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Cession de parts: après Cbc et Ubc, l’État du Cameroun rachète la filiale locale de Société générale

(Georges SEMEY). Deux actionnaires constituent désormais le tour de table de participations actionnariales: État du Cameroun (83,68%) et Allianz Assurance Cameroun (16,32%). La finalisation de la cession est annoncée pour fin 2025.

Le Cameroun détient désormais la majorité des actions de Société générale Cameroun. Parti de 25,6%, cet État reprend un stock de 58,08% des actions jusque-là détenues par le groupe bancaire Français. C’est la substance d’un communiqué rendu public, ce 15 juillet 2025, au terme de la signature d’un accord avec le Cameroun. La cession de parts au profit de l’État du Cameroun redistribue par conséquent les cartes au sein de l’actionnariat de cette banque. Désormais, le Cameroun concentre 83,68% des actions de Société générale Cameroun. Laissant 16,32% à Allianz Assurance Cameroun, autre actionnaire.

« Selon les engagements pris, l’État Camerounais reprendrait la totalité des activités opérées par cette filiale, ainsi que l’intégralité des portefeuilles clients et l’ensemble des collaborateurs de cette entité », mentionne le communiqué rédigé et signé à Paris. Plus précisément, le Cameroun s’empare à travers cette transaction, des 48 agences Société générale Cameroun, constituant son réseau local, de son portefeuille composé d’environ 250.000 clients et de ses employés estimés à 650 personnes.

Cette nouvelle intervient au moment où le groupe hexagonal est engagé dans un processus de cession de ses actifs dans certains pays Africains. Une annonce faite en 2023 qui concerne les filiales du Bénin, Mozambique, Burkina Faso, Congo, Guinée Équatoriale, Mauritanie, du Tchad, et de Guinée. Toutefois, Société générale maintient certaines filiales, à l’instar de celles implantées en Algérie, en Tunisie, en Côte d’Ivoire, au Sénégal et au Ghana.

« Cette stratégie s’inscrit dans une volonté de rationaliser son portefeuille d’activités et de se concentrer sur des marchés où elle a une position plus forte. Le groupe souhaite se concentrer sur des marchés clés et rationaliser ses opérations, libérant ainsi des capitaux pour d’autres priorités, comme Boursorama (rebaptisée BoursoBank) et Ayvens, sa filiale de leasing. Certains marchés Africains sont considérés comme plus risqués et moins rentables par les banques françaises, qui doivent faire face à la concurrence des Fintechs et à des défis spécifiques », expliquait Slawomir Krupa, son président directeur général.

Notons que depuis cette annonce, les filiales Société générale du Congo, Guinée Équatoriale, Mauritanie et Tchad, ont été cédées à Vista Bank et Coris Bank, deux groupes panafricains. Celles du Burkina Faso et du Mozambique l’ont été à Vista Bank. Alors que les filiales, du Bénin, Togo, et de la Guinée ont été rachetées par Atlantic Financial Group, un autre groupe bancaire panafricain.

Pour rappel, le groupe Société générale est implanté au Cameroun depuis 1963. Après 62 ans d’activités, il se retire du marché Camerounais. « Cette transaction aurait un impact positif d’environ 6 points de base sur le ratio de CET1 du groupe à la date de finalisation attendue d’ici la fin de l’année 2025. Ce projet de cession est soumis aux conditions suspensives usuelles ainsi qu’à la validation des autorités financières et réglementaires compétentes », termine le communiqué.

La Société générale Cameroun devient ainsi la troisième banque locale dans laquelle le Cameroun détient la majorité des actions: Commercial bank Cameroon (98%), et Union bank of Cameroon (54%).

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