Corridors Douala-Kribi-Garoua-Boulaï-Bohdibo: les manquements qui fâchent les membres de la plateforme des transporteurs routiers
(DiM DIM). Plus d’un mois après la concertation du 23 août 2026 entre le Gouvernement et la Plateforme des organisations socio-professionnelles qui avait suspendu le préavis de grève des transporteurs, le constat du terrain reste alarmant selon ces derniers. Un constat effectué après une mission d’évaluation sur le terrain.
La mission de descente inopinée conduite du 04 au 11 septembre 2026 sur l’axe stratégique Douala/Kribi-Garoua-Boulaï-Touboro/Bogdibo, porte d’entrée du Tchad et de la RCA, dresse un constat sans appel : un décalage saisissant entre la volonté politique affichée à Yaoundé et la réalité des pratiques sur le corridor.
Le constat : extorsion et ponts-bascules défaillants
La présentation du rapport de la plateforme des organisations socio-professionnelles par son secrétaire général Mevoungou, souligne que: malgré les résolutions prises à Yaoundé, la mission a recensé « 35 postes de contrôle non conventionnels et non répertoriés ». le cas de Garoua-Boulaï, est assez illustratif, elle a mis à nu des pratiques d’extorsion organisées autour d’un pont-bascule défaillant, au détriment des transporteurs.
S’y ajoutent l’état de dégradation avancée des tronçons Dibamba-Édéa, Boumnyebel-Yaoundé et Ngaoundéré-Touboro, et la précarité des conditions d’accueil des chauffeurs au Port Autonome de Kribi, où les convoyeurs, encore appelés « motor-boys », restent relégués hors de l’enceinte portuaire.
« Seule une vigilance syndicale structurée, adossée à une autorité d’État impartiale et ferme, permettra d’éradiquer les goulots d’étranglement », conclut le rapport sur le sujet.
Pour traduire la haute volonté du Premier Ministre, Chef du Gouvernement, en actes concrets, la mission formule des arbitrages fermes, pour sauver la compétitivité, résumés en quatre séries de recommandations:
– À l’adresse du Gouvernement
La mission demande la signature d’un Arrêté Interministériel MINT-MINTP-SED-DGSN-MINCOMMERCE, fixant la liste exclusive des postes de contrôle autorisés. Tout autre point serait déclaré illégal. Elle exige également la proscription absolue du paiement en espèces sur la chaussée, et des poursuites contre les agents indélicats, ainsi que la fin des pesages volants non conformes.
– Aux autorités locales
Les Gouverneurs, Préfets et Sous-préfets sont invités à généraliser le modèle du Sous-préfet de Garoua-Boulaï, qui s’est illustré par des descentes sur le terrain. L’administrateur a d’ailleurs été particulièrement salué pour son intervention réactive. Ces derniers devraient également signer sans délai, les actes créant les comités locaux de suivi du transit, prévus par la résolution n°5, notamment à Kribi.
– Au Port Autonome de Kribi
La mission recommande l’humanisation du corridor. Le Port Autonome de Kribi est appelé à créer d’urgence une aire de repos sécurisée pour poids lourds avec eau, sanitaires soins, et mettre fin à l’exclusion des motor-boys en leur octroyant un badge d’accès encadré.
– La veille permanente des syndicats
La Plateforme syndicale et l’UOSC/BGFT sont invitées à pérenniser leurs patrouilles d’observation et à intensifier la sensibilisation des conducteurs au respect de la charge à l’essieu et au refus de toute transaction illicite.
Sur la question des engagements pris par le gouvernement, le Secrétaire général de la plateforme et Président du Syntraptcam, Jean Louis Mevoungou regrette que sur les 13 résolutions arrêtées lors de la concertation du 23 août à Yaoundé, à peine 4 sont mises en, le syndicaliste après avoir présenté le rapport général de la descente de la commission, des propositions concrètes ont été formées dans le but de mettre totalement en application les 13 résolutions prises.
Quant au Président Bassirou, Président du Sncrc (Syndicat des conducteurs routiers du Cameroun), il est formel et réitère qu’ils ne sont pas contre les contrôles de police, ni de gendarmerie, mais ses camarades et lui dénoncent les postes de contrôle illégaux et abusifs.
Pour les évaluateurs, l’enjeu dépasse le simple secteur du transport. La fluidité sur cet axe vital pour l’économie camerounaise et les échanges avec le Tchad, le maintien de la paix sociale et la sécurité des équipages dépendent désormais de l’exécution « intégrale, diligente et sans complaisance » de cette feuille de route.