Décès de Clément Atangana: éternité irrecevable
(Georges SEMEY). En fonction depuis le 7 février 2018, et affaibli par la maladie, le président du conseil constitutionnel est décédé, ce 4 octobre 2026. Il restera dans la mémoire collective comme celui qui opposera plusieurs fins de non recevoir retentissant lors des contentieux post-électoraux, sous son magistère.
La confirmation est venue de diverses sources: Clément Atangana, le président du conseil constitutionnel s’en est finalement allé, ce matin du 4 octobre 2026, de suite de maladie. En effet, il avait été évacué d’urgence à l’Hôpital Américain de Paris, en France, pour soins intensifs. Malheureusement, la maladie en a décidé autrement.
Né le 20 septembre 1941 à Ekoumeyeck, arrondissement de Ngomedzap, région du Centre, il a connu de brillantes études primaires et secondaires sanctionnées par l’obtention d’un baccalauréat en sciences expérimentales, au Lycée de Manengouba (Nkongsamba, département du Moungo, région du Littoral).
Il poursuivra ses études supérieures de droit à l’ancienne université fédérale du Cameroun, faculté de droit et des sciences économiques, et décroche une licence en droit privé. Le jeune Clement Atangana rejoint les rangs de l’École nationale d’administration et de magistrature (Enam), et y sortira nanti d’un diplôme en 1969. Il poursuit son cursus à Paris, à l’institut international d’administration publique. De retour au Cameroun, Clément Atangana intègre le corps national de la magistrature, le 20 décembre 1968.
Clément Atangana a eu l’une des plus longue carrière judiciaire, car il aura passé plus de 50 ans au service de la justice camerounaise. Au sein de laquelle il a gravi tous les échelons. Il a occupé plusieurs autres fonctions telles que : en 1975, président du tribunal de Mora, en 1977, juge au tribunal de première instance de Yaoundé, président du tribunal de Sangmélima (1978), président du tribunal de Yaoundé (1980), directeur adjoint de la direction des affaires judiciaires et du sceau au ministère de la Justice (1981), en 1988, procureur général près la cour d’appel de Garoua, président de la cour d’appel de Yaoundé et président de la chambre d’appel de l’ordre professionnel médico-sanitaire à Yaoundé (1989), conseiller à la cour suprême, dès 1991. Il occupera cette fonction jusqu’à sa retraite en 2014.
Le magistrat a également assuré la présidence de la commission nationale de recensement général des votes pour les scrutins législatifs et présidentiels, dès 2017. Comme président du conseil constitutionnel, il a eu la lourde charge d’arbitrer les contentieux électoraux et proclame officiellement les résultats des élections majeures. Notamment la victoire de présidentielle et les législatives. Avant sa nomination au Conseil constitutionnel, le 7 février 2018, il présidait la Chambre administrative de la Cour suprême.
À la tête du conseil constitutionnel, ses arrêts ont été rendus célèbres car au terme de ceux-ci, il alignait une série de rejet de dossiers des contentieux post-électoraux par la qualification « irrecevable ». Ce qui lui a d’ailleurs valu les vives critiques de l’opposition, qui y voyait, à tort ou à raison, en ces sentences couperet, la substance de sa partialité au bénéfice du rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), le parti au pouvoir.
Clément Atangana quitte la scène après le décès de Marcel Niat Njifenji, l’ancien président du Sénat (11 avril 2026), et celui d’Alexis Dipanda Mouelle, l’un de ses prédécesseurs à ce poste, mort le 4 mai 2026.