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Échanges: l’informel fait perdre 50,72 milliards de FCFA à l’État en 2024

(Georges SEMEY). Les principales voies de transit de ces produits sont les régions de l’extrême-nord et du Sud-ouest. Selon l’institut national de la statistique (Ins), qui a récemment publié ces données, le Nigéria se taille la part du lion des importations non-enregistrées, alors que le Tchad culmine en pole position en ce qui concerne les exportations non-tracées.

L’informel: un véritable fléau socio-économique pour le Cameroun. À travers une note récemment publiée par l’Ins (Institut national de la statistique), cette pratique commerciale illégale se renforce malheureusement au fil des années. Les échanges non enregistrées entre le Cameroun et les pays limitrophes en disent long sur le phénomène. Le différentiel général de ces échanges affichent pour l’année 2024 un montant déficitaire évalué à – 50,72 milliards de FCFA (- 44,58 milliards de FCFA en 2023, et -71,78 milliards de FCFA en 2022).

Le Nigéria reste le pays qui se taille la part du lion dans ses rapports transfrontaliers informels avec le Cameroun. Avec une balance bilatérale estimée à – 111,73 milliards de FCFA en 2024 (- 168,04 milliards de FCFA en 2022), selon les données de l’Ins. Et pour causes, selon l’institut, « l’importance et la perméabilité de la frontière terrestre avec le Nigéria, le dynamisme de l’économie de ce pays, la baisse du cours du Naira, monnaie locale, et la compétitivité de son offre énergétique, notamment les hydrocarbures ».

Ainsi, les importations informelles du Nigéria vers le Cameroun se fixent à un taux de 66,5% sous la période considérée, faisant de ce pays, le premier fournisseur (176,58 milliards de FCFA). Ici, l’on observe toutefois un reflux de l’ordre de 35,2% entre 2022 et 2023, mais une légère hausse relevée en 2024 (+1,9%). Rappelons que toujours selon l’Ins, les dépenses d’importations informelles se chiffrent à environ 265,7 milliards de FCFA en 2024. Correspondant à une évolution notable de + 5,6%, par rapport à l’exercice 2023.

Concernant les exportations, le Nigéria, une fois de plus, suivi du Tchad, sont les deux premiers débouchés non-enregistrés du Cameroun, pour un volume de 80% des marchandises exportés via les réseaux informels. Essentiellement à destination de ces pays, des produits à l’instar de la fève de cacao, la farine de blé, le riz décortiqué, du savon et les détergents. « Cette tendance est observée depuis 3 ans et reflète un brassage socio-culturel, en plus d’un dynamisme économique des populations résidentes dans ces régions frontalières », mentionne l’Ins dans son rapport.

Qui fait par ailleurs savoir qu’en 2024, les exportations non-enregistrées vers les pays limitrophes, ont généré un volume d’environ 215 milliards de FCFA de recettes au Cameroun. Correspondant à une hausse de 3,8 % par rapport à l’exercice 2023 (282, 9 milliards de FCFA en 2022). Comme voie d’accès de ces produits, l’Ins cite les régions de l’extrême-nord (à partir du pont de Gueli), et du sud-ouest (par le piste d’Ekok).

Encore selon l’Ins, les recettes d’importations informelles provenant des pays voisins du Cameroun restent malheureusement supérieures aux recettes d’importations formelles: 196,9 milliards de FCFA, contre 265,7 milliards de FCFA. Quant aux recettes d’exportations formelles vers ces mêmes pays, elles se chiffrent en 2024, à 245,12 milliards de FCFA (214,9 milliards de FCFA en 2024 pour les recettes informelles).

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