(Georges SEMEY). Ledit plan est sur la table des autorités Camerounaises et devrait servir de boussole d’exploitation et de gestion au nouvel acquéreur pour redynamiser le secteur et l’entreprise, mais également, la positionner vers une croissance durable.
En proie à de sérieux problèmes financier, Actis devenait un boulet sur le pied de L’État du Cameroun. Le divorce entre les deux partenaires devenait par conséquent inévitable. Les chiffres d’exploitation catastrophiques de cette entreprise étaient fort révélateur des difficultés que rencontraient l’énergéticien. La trésorerie nette d’Eneo présentait, entre 2017 et 2022, un déficit abyssal de 133,1 milliards de FCFA. Soit une régression de près de 500%. Son fonds de roulement avait également connu sous la même période, un important recul qui se situait entre 117 milliards de FCFA et 190 milliards de FCFA (près de 63%).
D’après les experts, Eneo montrait tous les signes d’une entreprise en quasi-faillite. Pourtant, ces derniers envisageaint des solutions durables pour sortir la société du rouge. Une thérapie de choc que le gouvernement camerounais devra certainement reprendre, car émanant des experts du ministère de l’eau et de l’énergie. Plan qui implique 4000 milliards de FCFA d’investissements en mode partenariat public privé dans le segment «Production », et des financements de l’ordre de 1200 milliards de FCFA dans le segment «Transport», entre autres.
Quelles pistes de solutions dispose-t-on pour relancer Eneo en particulier et le secteur de l’énergie électrique du Cameroun en général ? Dans un document fort élaboré intitulé, «Présentation du plan de réforme du secteur de l’électricité au Cameroun: 2020-2030 », Lionel Omgba Oyono apporte des solutions durables dans le cadre d’un plan d’urgence transport-distribution 2023-2026. Dans cette phase l, le directeur de l’électricité au ministère de l’eau et de l’énergie (Minee) propose dans son plan de redressement du secteur de l’électricité, des opérations de trésorerie pour la restructuration d’Eneo, et des opérations d’investissements en transport et distribution, en vue de satisfaire la demande industrielle, d’au moins 500 Mw et l’acquisition de 1,5 millions de compteurs prépayés.
Le processus de redressement proposé par le directeur de l’électricité du Minee recommande une évaluation préalable de la valeur des actions d’Actis, la poursuite de la revalorisation des tarifs de l’électricité, la réduction des délais de paiement des clients par l’installation systématique des compteurs prépayés. L’État du Cameroun pourra également procéder à la restructuration de la dette contractée auprès de 8 banques locales (100 milliards de FCFA). Sur ce point, l’exemple de la Sonara pourrait servir de modèle à Eneo, accompagné d’une stratégie de restructuration. L’étude recommande également au gouvernement Camerounais, d’entrer en négociations avec des fournisseurs, en vue de l’allongement des délais de payement de leurs factures.
Concernant les opérations d’investissements en transport et distribution, Lionel Omgba Oyono indique que l’État du Cameroun devrait rechercher des financements par la mobilisation des ressources financières auprès des partenaires techniques et financiers, pour un montant de 400 milliards de FCFA, sur la période 2022/2026. L’expert du Minee propose par conséquent, l’inscription de cette démarche dans le plan d’endettement et dans le cadrage du Minee, la systématisation des compteurs prépayés, un financement de 260 milliards de FCFA à rechercher auprès des bailleurs de fonds, et un appui de 140 milliards de FCFA auprès du Pforr.
Grosso modo, le plan de réforme du secteur de l’électricité 2023/2030, nécessite une thérapie de choc articulée autour d’un financement du segment «Production», en mode public-privé pour un montant de 4000 milliards de FCFA, afin d’optimiser la production à hauteur de 4000 Mw, la relance de la centrale à gaz de Limbe, et des barrages hydroélectriques de Kikot, Grand Eweng, Bini à Warack, Cholet, Katsina Ala et Menchum.
Dans le segment «Transport», Lionel Omgba Oyono propose un investissement massif de 1200 milliards de FCFA pour accroître l’outil de transport d’électricité dans tous les réseaux. Rappelons que le vaste plan de réforme du secteur de l’électricité au Cameroun pour la période 2023/2030, entre dans le cadre de la Snd 30, qui vise à doter le Cameroun d’une capacité de production de 5000 Mw en 2030.

