(Georges SEMEY). Le Ministre des mines, de l’industrie et du développement technologique a effectué une descente inopinée dans certains chantiers de production dans le Département de la Kadei. Surprise: des entreprises appartenant à des ressortissants de l’empire du milieu exerçaient en toute impunité, dans la localité de Kette. Récit.
Le secteur artisanal minier semi-mécanisé est-il devenu un sanctuaire de la violation de la loi? Malgré les campagnes de sensibilisation lancées à cors et à cris, les opérations coup de poing musclées menées par les autorités administratives, la caravane passe à grande vitesse. Constat encore réalisé ce 28 avril 2026, par le Pr. Fuh Calistus Gentry, le ministre des mines, de l’industrie et du développement technologique (Minmidt).
En effet, des entreprises minières à statut artisanal continuent d’opérer des dépassements illégaux, en allant au-delà de 30 mètres de profondeur, et du seuil minimal de production de 5 kg d’or par mois. La région de l’Est regorge d’entreprises dont l’exploitation est sujette à controverses. Notamment dans la localité de Kette (Département de la Kadei). Deux entreprises, toutes chinoises, ont fait l’objet d’un contrôle inopinée: Xin Yang et Zinnarry Mining. Celle-ci dispose d’un site constitué de 24 « bold », mais produit largement au-delà des minimas légaux.
Après des pourparlers, un seuil minimal de 7 kg d’or par mois a été toléré, ce « sous peine de voir ses installations démantelées et ses engins saisis immédiatement », affirme le Minmidt. Deuxième entreprise, la Zinnarry Mining. Elle dispose quant à elle de 10 “bold”. Également dans un dépassement hors-la-loi, l’unité devra désormais assurer une production mensuelle minimale de 5 kg d’or, « sans possibilité de révision à la baisse. Cette mesure va multiplier par cinq la production annuelle de l’or camerounais et réduire l’écart entre l’or produit et l’or déclaré. Il est désormais temps que cette activité soit véritablement bénéfique pour notre pays. », pense-t-on au Minmidt.
Important à rappeler, le respect du seuil minimal de production fait partie des quatre obligations strictes à respecter pour exercer dans le secteur artisanal minier semi-mécanisé. Au même titre que le respect des obligations environnementales, avec le paiement d’une caution de 63 millions de FCFA pour 21 hectares, le respect des obligations fiscales, et l’innovation technologique, avec la migration totale vers un système d’exploitation à vase clos dans les plus brefs délais.
Cette autre descente des équipes du Minmidt intervient au moment où une forte polémique sur l’écart entre l’or produit et l’or déclaré: 15 kilogrammes d’or exportés en 2025, contrairement aux statistiques internationales qui dévoilent plus de 22 tonnes du précieux métal exportés par le Cameroun. Ce qui apparaît comme un détournement de l’or Camerounais, et l’existence de réseaux off shore.
« Cette deuxième journée de démantèlement dans le département de la Kadey confirme que la démarche de sensibilisation initiée par le Pr. Fuh Calistus Gentry a porté ses fruits, notamment à travers l’engagement des sociétés à signer l’accord sur le seuil minimal de production, en fonction des « bold » dont elles disposent sur leurs sites, ainsi que leur migration vers un système d’exploitation à vase clos dans un délai de six (6) mois », se réjouit un responsable de ce département ministériel qui annonce de nouvelles opérations coup de poing.
Il est désormais clair: il n’y a pas d’exploitation artisanale à plus de 30 mètres de profondeur. Passé ce cap, la migration vers une exploitation industrielle ou une petite mine est obligatoire. Au terme de cette descente visant à la restructuration complète du secteur artisanal semi-mécanisé, le membre du gouvernement a imposé aux exploitants illégaux, un seuil minimal de production de 5 kg, sans possibilité de négociation.

