(DIM DIM). Malgré l’autorisation de financement accordée à Genelcam Sarl pour 5 ans, Bonabéri croule sous les déchets. Le constat sur le terrain est celui d’un échec désastreux.
Sur le papier, tout est parfaitement réglé. Le 21 novembre 2025, Ibrahim Talba Malla, le Ministre délégué auprès de la Présidence de la République chargé des Marchés Publics, autorise la Ville de Douala à confier en mode gré à gré à Genelcam Sarl, la collecte des ordures ménagères, le balayage et le nettoyage de la ville, pour un montant de 14 252 994 781 FCFA.
Huit (8) mois après son entrée en service à Bonabéri, le nouvel opérateur peine à convaincre. Tas d’ordures dans plusieurs quartiers de cet arrondissement stratégique et populaire de la ville de Douala: Grand Hangar, Ndobo, Forêt Bar, Échangeur, Carrefour Château, Nangah etc… Avec son corollaire: une crise sanitaire menaçante.
Pour rappel, la Communauté urbaine de Douala (Cud) a annoncé le 31 décembre 2025, confier le lot 3 de Douala 4ème, à Genelcam, à partir de janvier 2026, pour 954 millions FCFA sur 2026, sur une enveloppe globale de 14,2 milliards sur 5 ans. Douala produit quotidiennement, environ 2700 tonnes de déchets, dont 30% non collectées, selon la Cud, Hysacam revendiquant 1800 tonnes, soit 70%, de capacité de collecte. Par ailleurs, le contrat prévoit un dispositif de contrôle budgétisé à hauteur de 4,6 milliards et une prestation technique de 3 cabinets d’audit, évaluée à la somme de 3,4 milliards, sur 5 ans.
Bonabéri, asphyxié
Sur le terrain, à Bonabéri, c’est tout l’inverse. De Ndobo à Bonamikano, de la route de l’hôpital de district à l’entrée du pont, le décor est le même : des bacs débordés depuis des jours, des tas d’ordures qui s’étalent sur la chaussée, des rigoles bouchées par les plastiques, une odeur pestilentielle.
Les riverains n’en peuvent plus. Les commerçants du marché de Bonabéri disent balayer eux-mêmes devant leurs boutiques, faute de passage. Les ménages stockent les déchets à domicile pendant 3 à 4 jours.
«On nous parle de milliards, mais nous on vit dans les ordures. Les camions ne passent plus régulièrement. Quand ils passent, ils ne prennent qu’une partie », s’indigne un habitant de Bonabéri Gare. Toutefois, une question demeure : comment justifier un contrat de plus de 14 milliards, sur 5 ans quand le service de base n’est pas assuré dans l’un des arrondissements les plus peuplés de Douala ? Le balayage des rues annoncé dans l’autorisation ministérielle ? Invisible. Le nettoyage des places publiques ? Les places de Bonabéri sont devenues des décharges à ciel ouvert.
À ce stade, le gré à gré accordé à Genelcam apparaît comme un échec désastreux sur le plan opérationnel. L’argent est autorisé, les papiers sont signés à Yaoundé, mais la propreté n’est pas au rendez-vous à Bonabéri. Les populations, elles, attendent des camions, pas des correspondances administratives.

