31 octobre 2026

Rating: Douala, capitale sous-régionale de la notation financière

(DIM DIM). C’était à l’occasion du tout premier forum régional dédié à cette pratique de la haute finance internationale. La capitale économique du Cameroun est, en effet, devenue pendant deux jours, le laboratoire financier de l’Afrique centrale, en accueillant la première édition du Forum régional sur la notation financière, organisée par GIC Rating S.A., première agence agréée par la Cosumaf, le 7 août 2026.

Placée sous le haut patronage du ministre des finances et le parrainage de la présidente de la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (Cosumaf), la rencontre a réuni les experts de la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac), ceux de la Commission économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), les spécialistes de la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (Bvmac), Commission interafricaine des marchés d’assurances (Cima), la Société financière internationale (Sfi), les représentants de l’Association professionnelle des établissements de crédits du Cameroun (Apeccam), ainsi que l’ensemble dumes acteurs du secteur bancaire. Au nom du Ministre des finances, c’est le Trésorier-Payeur Général de Douala, Dr Jean Didier Afane Fono, qui a présidé la cérémonie d’ouverture, ce 28 octobre 2026 à Douala.

Le thème retenu pour cette première édition est fort évocateur de l’ambition affichée par les organisateurs à savoir : «la notation financière : un levier de transparence et d’attractivité pour les Etats et les entreprises de la zone Cemac». Un enjeu vital alors que le Cameroun est noté B- par S&P et Fitch, Caa1 par Moody’s, catégorie spéculative. Consequence, ces notes renchérissent le coût de la dette et freinent l’investissement.

Comme l’a rappelé l’Administrateur Directeur général de GIC Rating, Serges Mathieu Kombou : «la notation n’est ni une sanction, ni une récompense. Elle est avant tout un outil de transparence». Pour le Dr Jean-Didier Afana Fono, dans sa prise de parole, il a rappelé que « le Ministre des finances a voulu marquer son haut patronage,  car la notation touche au cœur de notre stratégie. « Aujourd’hui, nos Etats sont jugés de l’extérieur avec des grilles qui ne capturent pas toujours nos réalités. Avoir une agence régionale agréée par la Cosumaf, c’est nous donner un langage commun du risque. C’est un instrument de souveraineté financière ».

Concrètement, qu’est-ce que la notation va changer pour le Cameroun ?

Il est désormais établi dans les milieux de la haute finance que la transparence rassure. Ainsi, d’après les experts, le respect des  bonnes pratiques de la notation financière par les pays, permettent aux investisseur, locaux ou internationaux, d’avoir une lecture claire et indépendante des risques d’un État, d’une commune ou d’une entreprise, il prête plus facilement et moins cher. La notation financière permet également de drainer l’épargne longue vers les grands projets, de dynamiser la Bvmac et de réduire notre dépendance aux financements extérieurs coûteux.

« Ne voyez pas la notation comme une contrainte. C’est un passeport. Une entreprise notée, même une petite et moyenne entreprise, qui affiche une bonne gouvernance et une bonne santé financière, accède à des taux plus compétitifs. J’invite nos entreprises à s’approprier cet outil », a conclu le Dr Jean-Didier Afana Fono, Trésorier payeur général du Littoral.

Le forum s’est achevé ce 29 octobre. Tous les regards sont désormais tournés vers la Déclaration de Douala sur la notation financière, future feuille de route régionale.

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