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Transport routier: les syndicats annoncent une grève générale à partir de ce  24 août

(DIM DIM). La grogne monte dans le secteur du transport routier. La Plateforme des organisations socio-professionnelles des transports routiers du Cameroun, employeurs et travailleurs, appelle à une grève générale et pacifique à partir du lundi 24 août 2026, sur toute l’étendue du territoire national. Ce, face au mutisme du gouvernement après leur préavis de grève servi , il y’a 14 jours. C’est la principale résolution prise ce mercredi 19 août 2026, à l’issue d’une concertation à Douala.

Dans une concertation massivement courue, 16 (seize) syndicats (CGSTC, SYNESTER, SYNCRURPICAM, UNCPC, SCTRC, SYNTRAPTCAM, SNCP PLC, SYNCOPHYCAM, SNCRC, SYNCPROTCAM, FOSAT, SYNATROCAM, OPSTAC, UNCPC, REPTROC, SNTRC), dénoncent  plusieurs décisions des pouvoirs publics qui contribuent à «fragiliser et affaiblir la profession de transporteur routier». 

Il s’agit précisément des dispositions controversées du Décret du 10 octobre 2022 fixant les conditions d’accès aux professions de transporteur routier et d’auxiliaire de transport routier, et les effets préjudiciables du Décret du 16 juillet 2025, portant transformation du Conseil national des chargeurs du Cameroun (Cncc), en société à capital public. Concernant le Décret du Premier Ministre signé en 2022, les transporteurs routiers dénoncent une anomalie criarde, portant sur la création, à travers ce texte, d’une nouvelle catégorie de transporteurs: les transporteurs pour compte propre (50% du secteur), qui ne figurent pourtant dans aucune disposition ou classification de la loi pertinente du 23 juillet 2001, régissant les professions de transporteur routier et d’auxiliaire de des transports routiers. 

Concernant  le Décret du Président de la République signé le 16 juillet 2025, les transporteurs de dénoncent son article 11 al. 1, qui stipule que, les ressources du Conseil national des chargeurs du Cameroun sont constituées du quart du produit généré par la délivrance des documents obligatoires de transport, notamment la Lettre de voiture internationale et la Lettre de voiture intérieure. Soit 25%. Une incongruité, selon les transporteurs, qui y voient un montage réglementaire grossier portant sur le financement d’une institution publique par le secteur privé, et un amalgame entre le  transporteur et le chargeur. 

Restant dans les dispositions du même Décret du 16 juillet 2025, l’article 20 du texte décrié, prévoit que le Conseil national des chargeurs du Cameroun continue d’exercer ses missions jusqu’à la mise en place effective de la société à capital public. Toute chose incompréhensible pour les transporteurs, car les prérogatives dévolues par le Cncc nouveau, sont déjà exécutées sur le terrain sans attendre la finalisation du processus de transition vers la société à capital public.

Les raisons de la colère 

Par ailleurs les syndicats de chauffeurs et assistants chauffeurs opérant dans le secteur du transport routier cristallisent leur courroux autour de 7 (sept) points névralgiques, énumérés par Jean Louis Mevoungou, Président du SYNTRAPTCAM:  le transport pour compte propre : les bailleurs de fret ne doivent plus transporter leurs propres marchandises l’ingérence de l’État dans les activités des transporteurs. Ils accusent le Conseil national des chargeurs du Cameroun (Cncc) de ne défendre que les intérêts des chargeurs, les contrôles répressifs et patrouilles mixtes effectués par les agents du Ministère des Transports, qualifiés de «fonds de commerce et source de rançonnement officiel des usagers», le paiement du péage sur des routes dégradées, les coulages fantaisistes et la pesée des camions citernes qui génèrent des amendes et des disparités au chargement/déchargement, le racket systématique des camionneurs dans les zones anglophones, la maltraitance des camionneurs en attente de chargement au niveau de la Société Camerounaise des dépôts pétroliers (Scdp), au Port autonome de Douala (Pad), ainsi qu’au Port autonome de Kribi (Pak).

À y cœur ajouter : la multiplication des barrages. Selon les transporteurs, le corridor Douala-Djamena compte à lui seul 48 postes de contrôle, la zone anglophone frontalière avec le Nigeria enregistre 42 postes de contrôle (Ekok- Mundemba). «C’est devenu un calvaire pour les conducteurs qui subissent des tracasseries à chaque kilomètre», déplorent-ils. Également, la pluralité des contrôles mixtes (Ministère de l’administration territorial), à rationaliser, les désagréments causés par les pelotons routiers motorisés, et la pose des sabots sur les véhicules en panne etc…Au final, les syndicats des chauffeurs et assimilés  appellent les camionneurs à garer leurs véhicules en sécurité dès le « dimanche 23 août à minuit ».

 3 exigences pour lever la grève

Face à cette situation, la plateforme dit « OUI » à des contrôles des camions en transit uniquement, aux check-points conventionnels, la rationalisation effective des contrôles routiers, l’extension de la Convention collective nationale des transports routiers.

La grève des transporteurs routiers intervient sur des axes stratégiques du  corridor Douala-Ndjamena et les axes vers le Nigeria. Ceux-ci drainent une part importante des marchandises pour le Cameroun et les pays de la Cemac (Communauté économique des États de l’Afrique centrale). Une paralysie de plusieurs jours pourrait entraîner une hausse des prix et des ruptures d’approvisionnement. Les signataires assurent  que le mouvement sera «pacifique, et reste ouvert au dialogue ». 

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