Affaire Tagor: Le Cameroun livre sa version
(Georges SEMEY). Par la voix du Ministre des transports, Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe, Autorité maritime nationale, Yaoundé donne sa position sur le statut du pétrolier russe arraisonné, le 1er mai 2026, sur l’océan Atlantique et présenté comme battant pavillon camerounais. D’après Yaoundé, ce bâtiment ne figure pas dans la liste des navires régulièrement reconnus par l’État du Cameroun. Le Ministre des transports, Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe condamne par conséquent, l’usage frauduleux de la nationalité camerounaise, dans le trafic maritime international.
Une semaine après l’arraisonnement par la marine française du « Tagor » , présumé bateau russe battant pavillon camerounais, Yaoundé, par la voix du ministre des transports, a effectué une sortie de clarification. Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe rejette fermement les affirmations mondialement relayées sur le statut juridique de ce pétrolier, concernant particulièrement son pavillon: « ledit navire ne figure dans aucun des registres officiels ds navires autorisés à battre pavillon camerounais », affirme le membre du gouvernement. La position de désapprobation du Cameroun fait suite à « des vérifications diligemment effectuées par les services compétents », soutient le ministre.
Rappelons qu’en sa qualité d’autorité maritime nationale, le ministre des transports avait déjà tiré la sonnette d’alarme et pris les devants dans de précédents communiqués: du 6 février 2026, ainsi que celui du 29 mai 2026. Évoquant le plus récent, il apparaît clairement que, quelques heures seulement avant l’affaire « Tagor »,Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe avait radié, 39 navires battant pavillon camerounais, et sous le coup de sanctions internationales, car opérant en toute violation de la réglementation nationale et des conventions internationales.
Notons que plus de 200 navires battant régulièrement pavillon camerounais sont enregistrés au ministère des transports, avec pour ports d’attache Douala, Kribi et Limbe. Dans son communiqué de ce 8 juin, Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe « condamne avec rigueur, l’utilisation frauduleuse et abusive des attributs de la nationalité de la République du Cameroun et invite la communauté maritime internationale à prendre des mesures drastiques contre ces dérives qui deviennent fréquentes dans ce secteur ».
D’après la marine française, le Tagor provenait de Mourmansk, une ville russe, et arborait un faux pavillon du Cameroun et faisait route vers le port de Limbé, dans la région du sud-ouest. Information confirmée par le porte-parole de la préfecture maritime. Qui apporte d’autres clarifications: «après la montée à bord de l’équipe de visite, l’examen des documents a confirmé les doutes, quant à l’irrégularité du pavillon arboré ». Toujours selon les mêmes sources, le navire fantôme avait à son bord 23 membres d’équipage de diverses nationalités. En tout état de cause, l’équipage disposait de faux documents internationaux lui attribuant un lien avec le Cameroun.
Il apparaît désormais établi, à travers le communiqué du ministre des transports du Cameroun que le Tagor, ne figure pas dans la liste consolidée des pétroliers internationaux, battant pavillon camerounais et reconnus par son gouvernement. Pour rappel, le pavillon désigne la nationalité officielle accordée par un pays à un navire. Un statut juridique maritime qui lui permet d’exercer sous l’autorité d’un État, tout en le contraignant à respecter scrupuleusement ses textes, lois et règlements. Par ailleurs, ledit statut confère le droit au navire, d’arborer le drapeau de l’État concédant, sur les eaux maritimes internationales.
Dans son communiqué du 29 mai, Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe constate pour le déplorer, que des bateaux radiés des registres d’immatriculation du Cameroun, poursuivent leurs opérations, en utilisant les identifiants radioélectriques délivrés par l’État du Cameroun. « Le ministre des transports rappelle à l’opinion nationale et internationale que le Cameroun demeure pleinement engagé dans la lutte contre la fraude maritime, conformément à ses obligations internationales en matière de sûreté, de sécurité et de gouvernance maritimes, et poursuit sereinement le processus d’assainissement et de modernisation de son pavillon, dans le respect des lois et règlements en vigueur », a conclu le ministre.