Affaire Smyrtos: le Cameroun proteste auprès des autorités britanniques
(Georges SEMEY). Présenté comme battant pavillon camerounais, ce navire a été arraisonné par la marine anglaise, ce 14 juin 2026. Pourtant, depuis le 26 mai 2026, ce bâtiment ne figure plus parmi les navires autorisés à utiliser les identifiants camerounais lors de ses opérations maritimes. Le Ministre des transports, Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe apporte des éléments précis sur l’offensive de clarification engagée par Yaoundé.
Après celle du Tagor, une autre polémique enfle sur l’utilisation du pavillon camerounais sur les eaux internationales. Suite à publication par plusieurs médias occidentaux et locaux de l’arraisonnement du Smyrtos, présenté comme un navire russe battant pavillon camerounais, le ministre des transports Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe a une fois de plus apporté des clarifications pertinentes sur le statut juridique de ce bâtiment.
Le Cameroun à travers le ministre des transports, autorité maritime nationale, dément toute attribution de son pavillon à ce navire intercepté par la marine britannique, ce 14 juin 2026. «….Ledit navire a été officiellement radié du registre international camerounais des navire le 26 mai 2026, dans le cadre de l’opération d’assainissement et de sécurisation du pavillon camerounais engagé par les autorités maritimes nationales suivant le certificat de radiation n° 19/2026/CR/MINT/DRTSO/CMSO/BI délivré le 26 mai par la circonscription maritime du Sud-ouest», fait observer le ministre camerounais. En effet, Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe a publié une liste de navires ne battant plus, par radiation, le pavillon camerounais. Parmi lesquels, le Smirtos.
Plus clairement dit, le Smyrtos ne bénéficiait plus, au moment de son arraisonnement par la marine Anglaise, du droit d’utiliser les identifiants camerounais et ne relevait plus par conséquent de la juridiction maritime du Cameroun: «aussi, la République du Cameroun ne saurait être tenue pour responsable des activités illicites menées par ce navire ayant obtenu ou utilisé des documents et déclarations frauduleux», ajoute Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe.
Yaoundé est d’ailleurs allé plus loin dans l’affaire «Smyrtos». L’État du Cameroun a engagé des démarches «appropriées«, auprès du gouvernement du Royaume-Uni, de la marine and coast guard agency (Mca), des autorités administratives britanniques ayant intercepté le navire, ainsi qu’auprès de l’agence de presse Reuters, «afin que la situation juridique réelle du navire soit dûment prise en compte et que les informations publiées soient rectifiées conformément aux documents officiels émis par l’administration maritime camerounaise», insiste le ministre des transports.
Il est important de relever que le Cameroun est depuis peu engagé dans certaines réformes portant sur l’assainissement de son secteur maritime. À travers notamment, le renforcement des mécanismes de contrôle et de suivi des navires immatriculés, la lutte contre les immatriculations irrégulières, la protection de la crédibilité et de l’intégrité de la réputation du pavillon camerounais sur la scène internationale, et le respect strict des obligations internationales en matière de sécurité et de sûreté maritimes.
«Le ministre des transports souligne que la République du Cameroun coopère pleinement avec les partenaires internationaux, les organisations maritimes compétentes, ainsi que les États concernés, afin de préserver l’intégrité, la crédibilité et la conformité du registre maritime camerounais aux conventions internationales en vigueur…», a conclu l’autorité maritime camerounaise.