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Corridor Douala-Ndjamena: la Banque mondiale évalue la mise en oeuvre Pcdn par le Bgft

(Georges SEMEY). Du 11 au 13 juin, il était question pour El Hadj Oumarou, le Coordonnateur général du bureau de gestion du fret terrestre du Cameroun, de présenter l’état d’avancement de la mise en oeuvre d’un volet du projet régional pour l’amélioration de la performance du corridor Rail/Route Douala-Ndjamena, implémenté par l’organisme camerounais de répartition du fret terrestre. Un projet de fluidification des procédures du transport terrestre déjà parfaitement maîtrisé par cette institution, en partenariat avec le Cabinet Servoo.

D’après les dernières données rendues publiques par le bureau de gestion du fret terrestre du Cameroun (Bgft), organisme de gestion du fret terrestre local, les corridors Douala-N’Djamena et Douala-Bangui drainent mensuellement environ 13.000 mouvements de camions, correspondant à un volume de 320.000 tonnes de marchandises. Le corridor Douala-Ndjamena particulièrement, a enregistré en 2025 un volume impressionnant de 1.801.624 tonnes de marchandises, matérialisé par 72.277 voyages effectués.

Selon les experts, ces chiffres peuvent être boostés si certaines barrières sont levées et initiatives prises. En effet, ces artères vitales pour les économies tchadienne, centrafricaine et camerounaise souffrent depuis des décennies de certaines pesanteurs déterminantes: coûts de transaction élevés, tracasseries documentaires, mauvaise qualité des routes, gestion peu transparente des flux etc….. Depuis 2022, le Bgft a engagé un processus de dématérialisation et de digitalisation de toutes les procédures du fret terrestre, en partenariat avec les administrations sectorielles, le bureau national du fret du Tchad (Bnft) et le bureau d’affrètement routier centrafricain (Barc).

Le Pcdn au Bgft

Dans le même sillage et pour davantage de compétitivité dans les corridors Douala-Ndjamena, précisément, la Banque mondiale a mis en oeuvre, le projet régional pour l’amélioration de la performance du corridor Rail/Route Douala-Ndjamena (Pcdn). Projet lancé en 2024 et qui vise à fluidifier, sécuriser et moderniser les échanges commerciaux entre le port de Douala et Ndjamena, la capitale tchadienne. Une mission de l’institution de Bretton Woods a séjourné au Bgft et ses différents démembrements du 11 au 13 juin 2026, à l’effet d’évaluer sa mise en oeuvre, partiellement financé par la Banque Mondiale et dont l’une des composantes est réalisée en partenariat avec le Bgft.

Rappelons que le Pcdn est divisé en 5 composantes: réhabilitation de ligne ferroviaire Douala-Yaoundé, aménagement de plateformes logistiques et / ou de transition rail / route, facilitation du commerce et du transit, appui à la préparation des instruments de sauvegarde, appui à la mise en oeuvre de l’unité de gestion du projet pour un montant global de 1.206.035 dollars américains (environ 700 millions de FCFA). Pour un montant global pour le Pcdn évalué à environ 12 milliards de FCFA de FCFA. En plus du programme d’appui d’environ 400 milliards de FCFA porté conjointement par le Ministère des travaux publics (Mintp) et la Banque mondiale: dédoublement de l’axe Douala-Edéa, construction d’un second pont sur la Dibamba, voies de contournement de Douala et Yaoundé, et modernisation du pesage routier.

La modernisation du fret terrestre camerounais n’est pas née d’une décision ponctuelle. Elle s’inscrit dans une démarche structurelle engagée de longue date par les Services du Premier ministre, à travers le programme de dématérialisation des procédures du commerce extérieur. Ce programme, piloté par le secrétaire général des services du Premier ministre, a fourni au Bgft, les bases numériques de son maillage territorial: les infrastructures qui constituent aujourd’hui le socle de Landfreightis+.

Les avantages du Lanfreightis+

« Sur ce socle, le Bgft a travaillé sans relâche. Une première génération de plateforme, déployée dès 2022, a permis à nos commissionnaires en Douane Agréés de déclarer le fret international sans se déplacer. C’était une première victoire. Mais nous n’étions qu’à mi-chemin. L’ambition de couvrir intégralement la chaîne des bailleurs de fret aux transporteurs, des agences aux checkpoints, du fret international au fret national exigeait une refonte complète de l’architecture », a fait observer El Hadj Oumarou, coordonnateur général du Bgft.

Et ce dernier de révéler que: « c’est cette refonte que nous avons livrée en décembre 2025. L’instruction ministérielle relative à la dématérialisation de la Lvo est venue, à point nommé, accélérer une dynamique déjà enclenchée. Le temps du papier, des files d’attente et des déplacements inutiles est derrière nous. On améliore un corridor avec la dématérialisation, la traçabilité et l’interopérabilité », a ajouté El Hadj Oumarou, le voordonnateur général du Bgft.

En effet, depuis cette date, les 12 agences Bgft, les 41 checkpoints et les 3 représentations à l’étranger sont pleinement opérationnels sur la nouvelle génération de la plateforme. Les transporteurs génèrent désormais eux-mêmes leurs documents, sans se déplacer en agence, avec Qr code cryptographique vérifiable aux checkpoints. Les contributions à la facilitation. Les contributions à la facilitation de la délivrance des documents de transport sont transparentes, traçables, non négociables.
La feuille de route.

Célérité et connectivité

Cette transformation s’incarne désormais dans une réalité technologique tangible, marquant une évolution disruptive d’un premier système déjà primé par la Banque Mondiale. Ce dispositif ne se contente pas de numériser de simples formulaires. Il reconfigure l’économie du transport de transit en prenant en charge, de bout en bout (end-to-end), la déclaration de fret, l’émission instantanée de la lettre de voiture dématérialisée, le paiement sécurisé, le suivi géolocalisé des convois et la conformité documentaire. Ce, suivant un schéma flexible
:[Déclaration en ligne] ➔ [Paiement Intégré] ➔ [Appairage IA Fret/Camion] ➔ [Génération QR Code Cryptogramme] ➔ [Suivi GPS End-to-End]

Notons que la délégation de la Banque mondiale était composée de Jean-Philippe Garçon, Rachidetou Chumbe Touondounko et Jean Kanyamuhanda, aux côtés des points focaux du ministère des transports, de la direction générale des douanes, du Comité national de facilitation des échanges (Conafe) et du Bgft, d’Albert Étoundi, président du Syndicat national des transitaires, transporteurs et acconiers du Cameroun (Syntrac) ou encore de Raymond Moungang, le président pour la région du Littoral, du syndicat national des transporteurs routiers du Cameroun (Sntrc).

La présentation du rapport diagnostic de l’étude sur l’optimisation de la gestion du fret terrestre faite par le cabinet Servoo, partenaire technique du Bgft, et représenté par Abdoulahi Faouzi, Ceo dudit cabinet, suivant une méthodologie rigoureuse de triangulation des données et d’une traversée physique complète des 1.150 kilomètres du corridor en janvier 2026, ce document dresse l’état des lieux d’un système logistique caractérisé par de profonds paradoxes.
« La Banque mondiale accompagne le Cameroun dans le cadre de l’amélioration des performances du corridor Douala-Ndjamena, à travers le projet Pcdn notamment, et le cabinet Servoo a été retenu par le ministère des transports, sous financement de la Banque mondiale, pour réaliser l’étude diagnostique des corridors. Nous sommes à la phase ll, au terme de laquelle un rapport avait déjà été présenté à la commission technique et avec cette mission de supervision, la Banque mondiale a tenu à ce que nous restitutions, en présence des transitaires et des transporteurs les résultats de ces travaux », a justifié l’expert.

Valeur ajoutée et défis

La valeur ajoutée du Lanfreightis+ pour les acteurs du commerce extérieur commissionnaires agréés en douane, transitaires et transporteurs est immédiate et mesurable : suppression radicale des déplacements physiques, accélération de la délivrance des titres, transparence totale des coûts et prévisibilité accrue. En transférant le pouvoir de traitement directement entre les mains des opérateurs économiques, le Bgft brise les lourdeurs bureaucratiques classiques au profit d’une efficacité partagée

« Le volet dématérialisation et digitalisation du Pcdn se décline en ativités connexes qui permettront d’améliorer la fluidité du corridor Douala-Ndjamena, particulièrement sur les aspects de digitalisation et facilitation de l’étude. Concernant l’activité qui nous a été confié, nous sommes à environ à 40 % de taux réalisation, car l’étude diagnostique a été finalisée. Nous sommes à la phase de réalisation de l’intégration de l’écosystème. Dans le cadre de cette étude, nous avons étudié le cadre juridique, analyser de bout en bout le processus intégrant la phase portuaire, à la phase terrestre pour identifier les freins qui empêchent l’atteinte des objectifs de performances du corridor, les tracasseries, le volet juridique qui encadre l’activité du fret, aussi bien sur le plan national qu’international, les aspects de digitalisation. Il y’a des opportunités et des attentes, nous espérons qu’elles soient financées par la Banque mondiale », a ajouté Abdoulahi Faouzi.

Les défis évoqués portent entre autres sur la construction des routes, l’aménagement et la modernisation des postes de pesages et des checkpoints, ainsi que l’optimisation de tous les outils qui permettent à la plateforme Landfreightis+ d’atteindre ses pleines capacités. Au terme de sa mission, la délégation de la Banque Mondiale a exprimé son satisfecit et formulé des recommandations à mettre en oeuvre à très court terme.

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