Digitalisation du fret terrestre: le Cameroun, le Tchad et la Rca parachèvent le Lanfreightis
(Georges SEMEY). Les organismes de gestion du fret des ces trois pays (Bgft, Bnft, Barc) sont liés, depuis ce 4 mai 2026, par un pacte de digitalisation à l’horizon 2028. Grâce à cet engagement majeur d’intégration sous-régionale, les transporteurs du corridor Douala-Bangui-Ndjamena peuvent facilement obtenir leurs documents de transport en un clic. Le Bureau de gestion du fret terrestre Camerounais, porteur de cette innovation technologique, contribue ainsi efficacement à la dématérialisation des procédures, la sécurisation des recettes, et la facilitation des échanges entre ces trois pays de l’Afrique centrale.
Ce 4 mai 2026 à Douala, jour historique pour les corridors de la Cemac. Le Bgft du Cameroun, le Bnft du Tchad et le Barc de Centrafrique ont lancé simultanément leurs plateformes numériques lors du premier conclave tripartite. Portée par El Hadj Oumarou, le Dr Ali Allatchi Djirey et Floris Endjito, cette convergence inédite vise à digitaliser les corridors Douala-N’Djamena et Douala-Bangui. Face à la presse, les plus hauts responsables des organismes de gestion du fret terrestre du Cameroun, du Tchad et de la Centrafrique ont procédé au lancement conjoint de la plateforme numérique « Landfreightis », un dispositif révolutionnaire et innovant d’enregistrement des procédures de transport et de fret par voie entièrement dématérialisée.
El Hadj Oumarou, Coordonnateur général du Bureau de gestion du fret terrestre du Cameroun (Bgft), n’a pas perdu sa verve, et sous un ton satirique, déclare : «quand les araignées s’unissent, elles peuvent ligoter un lion». En clair, selon ce dernier initiateur de cette grande avancée, il s’agit de lever, de façon concertée, tous les blocages qui freinent le fret terrestre sous-régional.

Considéré comme un segment névralgique de l’économie du Cameroun, le secteur du transport connaît par conséquent une transformation décisive avec la synchronisation du Landfreightis, entre le Cameroun, le Tchad et la Rca. Rappelons qu ce projet s’inscrit dans le programme de dématérialisation du commerce extérieur piloté par le Premier Ministre. «Notre souci est de sécuriser le transit des marchandises vers la sous-région, faciliter les procédures, er sécuriser les recettes», a rappelé El Hadj Oumarou, artisan de la numérisation depuis Sigfret en 2019.
Le novel outil numérique couvre toute la chaîne: bailleurs de fret, transporteurs, agences, checkpoints, fret national et international etc…. Quatre (4) innovations clés sont à retenir au lendemain du 4 mai: QR codes cryptographiques, paiement électronique, partenaires relais agréés et géolocalisation de bout en bout. Les transporteurs éditent leurs documents en autonomie. Le QR code vérifiable à chaque checkpoint rend les contributions traçables et non négociables.

Déploiement et Challenges à venir
Le Coordonnateur nation du Bgbft annonce un grand déploiement sur tous les corridors de la Cemac, à l’effet de vulgariser et d’expérimenter cette nouvelle avancée: dès le 4 mai, 12 agences Bgft, 41 checkpoints et 3 représentations à l’étranger basculent sur Landfreightis. Notons qu’afin d’outiller les différents intervenants, des formateurs Lvi (Lettre de voiture internationale) ont été certifiés, fin avril, à Garoua, Douala et Yaoundé. « La plateforme est prête, le réseau est en ligne. Vous me voyez, mais moi aussi je vous vois», a lancé El Hadj Oumarou.
Également du 4 mai au 4 juin 2026, il sera procédé à la vérification du pilotage de la Lvi avec les Douanes Camerounaises, la Cnps et le Guce. Du 24 mai au 6 juin, est prévu un forum «smart corridor», à Douala, lancement de la Lvo digitale et création d’Africa Fret. Juillet-octobre : déploiement Lvo nationale, conformité au 1er octobre. Décembre 2026 : interopérabilité Bgft-Bnft-Barc. «Le passage d’une frontière ne doit plus être une rupture, mais une formalité numérique », insiste le Coordonnateur général du Bgft.
Tchad et Rca arriment leurs systèmes
Pour le Bureau national du fret du Tchad, le Dr Ali Allatchi Djirey, Directeur général adjoint nommé le 27 mars 2026, a qualifié les trois bureaux de «garants de la fluidité des corridors et piliers de la transparence». Le Tchad, dépourvu de façade maritime, s’allie au concepteur local Trade Nix Solution et Servoo, pour dématérialiser la Lvo et la taxe à l’essieu, dans ce pays. La phase pilote a connu une réussite et un franc succès à Douala, Kribi, Ngaoundéré et Koutéré au Tchad. Kribi devient une agence à part entière. Deux pick-up renforcent la surveillance.

Floris Endjito, Directeur général du Bureau d’affrètement routier centrafricain, depuis 2017, rappelle que Douala est «la fenêtre sur le monde de la Rca. La souveraineté d’un État passe par la souveraineté numérique de ses corridors. La digitalisation des corridors est irréversible, indivisible et solidaire». Le Barc bénéficie également dans le cadre de ce processus de digitalisation de ses documents et procédures de transport, de l’accompagnement du cabinet Servoo, avec l’appui de la Banque Mondiale.
Le Pacte de Douala
Les trois organismes signeront bientôt à N’Djamena un «pacte de dématérialisation» contre les tracasseries, opacité et coûts élevés. Ce conclave fonde une nouvelle gouvernance numérique du fret terrestre. El Hadj Oumarou conclut : «Si tu veux aller vite, marche seul. Si tu veux aller loin, marchons ensemble. Le Bgft, le Bnft et le Barc choisissent d’aller loin».
Important à relever, l’événement tripartite de ce 4 mai 2026 marquait sur le lancement simultané des plateformes numériques du Bgft (LANDFREIGHTiS+) et du Bnft (Lvo & Taxe à l’Essieu) sur les corridors conventionnels, la restitution publique des résolutions du conclave tripartite tenu le dimanche 3 mai 2026, en marge de ces lancements. Elle marque également la signature de la Déclaration commune et le Pacte de la digitalisation harmonisée pour l’Horizon 2028. Deux documents dont les 7 points d’orgue portent un alignement stratégique total, une interopérabilité des systèmes, l’harmonisation des référentiels, la formation et le transfert des compétences, le soutien à Africafret et la signature d’une feuille de route commune à l’Horizon 2028.
Le corridor Douala-Bangui-Ndjamena, c’est mensuellement 13.000 voyages et 320.000 tonnes.