(DIM DIM). À Douala, ce 21 octobre 2026, le Syndicat des industriels du Cameroun a accueilli une nouvelle session de la Commission mixte paritaire chargée de réviser la Convention collective nationale des industries de transformation. Un exercice d’équilibriste entre exigences sociales et impératifs de compétitivité. Sous la présidence de Samuel Njanga Kondo, les travaux ont porté sur la problematique de l’industrie camerounaise : comment améliorer les conditions de vie des travailleurs sans compromettre la viabilité des entreprises ?
Dans son propos d’ouverture, le président du Syndicat des industriels du Cameroun (Syndustricam), a plaidé pour « un compromis économiquement soutenable », fondé sur la responsabilité partagée et le réalisme économique. Sans contester la légitimité des attentes salariales face à l’inflation et à l’érosion du pouvoir d’achat, il a rappelé la réalité des usines. Quand on sait que, les industriels sont confrontés à une flambée des coûts de production : énergie, transport, matières premières et financement.
À cela s’ajoutent une pression fiscale jugée lourde et une concurrence farouche des produits importés. Une combinaison qui réduit les marges, fragilise les trésoreries et limite les capacités d’investissement et de création d’emplois. «La révision de la convention collective ne saurait être conduite indépendamment de la situation économique des entreprises», soutient Samuel Njanga Kondo.
Pour les représentants des travailleurs, la convention collective reste l’instrument-clé pour protéger le pouvoir d’achat et moderniser les avantages sociaux face à la hausse du coût de la vie. Mais, l’enjeu dépasse la fiche de paie. Le Syndustricam a énuméré les contraintes structurelles qui plombent la compétitivité : infrastructures logistiques insuffisantes, énergie coûteuse et irrégulière, et cadre fiscal peu prévisible.
La commission mixte paritaire, qui réunit employeurs, syndicats de travailleurs et Ministère du Travail et de la sécurité sociale, joue donc un rôle de régulateur stratégique. L’objectif affiché par le Syndustricam est de privilégier l’écoute mutuelle et éviter la logique d’affrontement. Car performance industrielle et progrès social ne sont pas contradictoires: des salariés mieux protégés sont plus productifs, et des entreprises pérennes sont seules à même de financer durablement des emplois décents.
Au final, c’est un test majeur pour le dialogue social camerounais : parvenir à des dispositions négociées, applicables et durables, qui consolident à la fois l’emploi industriel et la transformation structurelle de l’économie nationale.

