30 juin 2026

Transport maritime: après le Tagor et le Smyrtos, le Deliver arraisonné pour usage d’un faux pavillon camerounais

This handout photograph made available on June 1, 2026 by the French Marine Nationale (French Navy) shows military personnel hovering in a helicopter above the Tagor, a sanctioned Russian oil tanker, some 400 nautical miles west of France's Brittany coast. France and its allies have detained a sanctioned Russian oil tanker in the Atlantic over the weekend, President Emmanuel Macron said on Monday. The Tagor was detained on Sunday morning in international waters with the help of Britain and other partners, he said in a social media post. (Photo by Handout / Marine Nationale / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT "AFP PHOTO / MARINE NATIONALE " - HANDOUT - NO MARKETING NO ADVERTISING CAMPAIGNS - DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS

(Georges SEMEY). Emmanuel Macron, le Président Français s’est réjouit de la réussite de cette autre opération. Le Cameroun est de plus en plus victime de l’utilisation abusive et frauduleuse de sa nationalité, en violation des sanctions internationales et des dispositions pertinentes de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer.

Après les affaires « Tagor » et « Smyrtos« , le Cameroun est de nouveau sur le devant de la scène internationale. En effet, l’actualité sur la navigation maritime internationale fait derechef état d’un nouvel arraisonnement d’un supposé navire battant pavillon camerounais. Il s’agit du pétrolier « Deliver », qui a été intercepté arborant un « pavillon camerounais ». C’était le mardi 24 juin 2026. Selon la marine française ce pétrolier est soupçonné d’appartenir à la flotte fantôme russe opérant au large de la Sicile.

Selon des sources locales, reprises par des médias étrangers, le Deliver naviguait « en provenance de Primorsk, en Russie », et transitait en Méditerranée centrale, lorsque des commandos hélitreuillés de la Marine nationale l’ont intercepté. Ce qui d’ailleurs suscité une sortie d’Emmanuel Macron, annoncé sur le réseau social X : « la Marine Nationale a arraisonné mardi le pétrolier Deliver alors qu’il transitait au large de la Sicile en infraction avec le droit de la mer », a réagi le Chef de l’État hexagonal.

Après cette autre affaire, le gouvernement camerounais ne s’est pas encore prononcé, contrairement aux autres arraisonnements de deux premiers navires supposés battre pavillon camerounais. Il s’agit du « Tagor » et du « Smyrtos » pour lesquels le gouvernement camerounais, à travers le Ministre des transports, autorité maritime nationale, a clairement pris position. Concernant le Tagor intercepté le 1er juin 2026, Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe avait indiqué dans un communiqué que « le Tagor ne figure dans aucun des registres officiels des navires autorisés à battre pavillon camerounais ».

Sur le dossier Smyrtos Bibehe Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe avait également indiqué dans un communiqué que: «….le navire a été officiellement radié du registre international camerounais des navire le 26 mai 2026, dans le cadre de l’opération d’assainissement et de sécurisation du pavillon camerounais engagé par les autorités maritimes nationales suivant le certificat de radiation n° 19/2026/CR/MINT/DRTSO/CMSO/BI délivré le 26 mai par la circonscription maritime du Sud-ouest».

En attendant des clarifications sur la situation juridique du « Deliver » dans le portefeuille des navires battant pavillon camerounais, il importe de rappeler qu’en sa qualité d’autorité maritime nationale, le Ministre des transports avait signé le 6 février 2026 et le 29 mai 2026, deux communiqués édifiants. Considérant le plus récent, il apparaît clairement que le Cameroun a radié 39 navires battant pavillon camerounais, et sous le coup de sanctions internationales, car opérant en toute violation de la réglementation nationale et des conventions internationales.

De sources hexagonales (Préfecture maritime), l’opération avait été menée sur la base de l’article 110 de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (…) et visait à vérifier la nationalité du navire soupçonné d’arborer un faux pavillon. « L’examen des documents a confirmé les doutes quant à la régularité du pavillon arboré. Un signalement a été fait au procureur de Marseille, compétent au titre du tribunal maritime », qui a ordonné le déroutement du navire. Le Deliver a été escorté par des moyens de la Marine nationale vers un point de mouillage pour la poursuite des vérifications. Notons que plus de 200 navires battant régulièrement pavillon camerounais sont enregistrés au Ministère des transports, avec pour ports d’attache Douala, Kribi et Limbe.

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