(Georges SEMEY). Le deuxième Forum sous-régional des acteurs du fret, organisé par l’organisme de gestion du fret camerounais, s’est tenu le 30 juillet 2026, à Douala, sous le parrainage du Gouverneur de la Région du Littoral, la présidence de S.E Armando Kote Echuaga, Ambassadeur de Guinée équatoriale, Doyen du corps diplomatique, en présence de l’Ambassadeur du Tchad au Cameroun. Avec une participation inédite, aux côtés des représentants de la Commission de la Cemac et de la Ceeac, de plus de 300 institutionnels sectoriels, plusieurs entreprises publiques, para-publiques et privées, auprès des organismes de gestion du fret du Tchad, de la Rca, du Bénin, et du Congo-Brazzaville.
Le secteur du fret en Afrique Centrale se prépare à un tournant décisif concernant la compétitivité des corridors transfrontaliers et à la facilitation des échanges. Le Bureau de gestion du fret terrestre du Cameroun (Bgft), a organisé le deuxième Forum sous-régional des acteurs du fret, le mercredi 30 juillet 2026, à Douala. Placé sous le thème : «compétitivité des corridors transfrontaliers et facilitation des échanges en Zone Cemac: diagnostics, innovations et perspectives», ce forum est un cadre sous-régional de réflexion et d’actions. Son ambition: permettre aux acteurs du transport terrestre, de bâtir de façon concertée, le fret de demain en zone Cemac (Communauté économique des États de l’Afrique centrale).
Un événement sous-régional pour débloquer les corridors
L’enjeu est stratégique. Les ports de Douala-Bonaberi et Kribi-Mboro constituent les principaux ports d’attache, d’entrée et de sortie, pour le Tchad et la Centrafrique. Leur compétitivité est déterminante pour la croissance économique de toute la sous-région. Selon les chiffres délivrés par le Bureau de gestion du fret terrestre du Cameroun (Bgft), l’organisme de gestion du fret terrestre local, les corridors Douala-N’Djamena et Douala-Bangui drainent mensuellement environ 13.000 mouvements de camions, correspondant à un volume de 3.200.000 tonnes de marchandises. Le corridor Douala-Ndjamena particulièrement, a enregistré en 2025 un volume impressionnant de 1.801.624 tonnes de marchandises, matérialisé par 72.277 voyages effectués, et pour le corridor Douala-Bangui, qui culmine, selon les mêmes données, à environ 1,2 millions de tonnes de marchandises, et 59.277 rotations de camions.
D’après les experts, ces chiffres peuvent être boostés si certaines barrières sont levées et initiatives prises. En effet, ces artères vitales pour les économies de l’Afrique centrale, souffrent depuis des décennies, de certaines pesanteurs: coûts de transactions élevés, tracasseries documentaires, mauvaise qualité des routes, gestion peu transparente des flux etc…
D’après El Hadj Oumarou, le Coordonnateur général du Bureau de gestion du fret terrestre, « la gestion intelligente du fret est devenue un instrument incontournable de compétitivité et de développement. Le thème retenu pour ce forum touche au quotidien des transporteurs et des acteurs économiques de la sous-région. Il vient briser les scepticismes et les pesanteurs. La rigueur révolutionnaire nous impose une synergie et les recommandations qui serviront d’instruments d’aide à la prise de décision aux Chefs d’État de la sous-région », a-t-il affirmé.
Pendant une journée, les acteurs du fret venus de l’ensemble de la zone Cemac ont examiné de fond en comble, les contours multiformes du transport terrestre sous-régional. Sous la modération magistrale du Pr Vincent Ntouda Ebode, Coordonnateur scientifique des travaux, qui prononcera une leçon inaugurale au cours de laquelle l’expert a clairement pris partie pour un changement de paradigme: « la fluidité du trafic dans les corridors demeure handicapée par les frictions bureaucratiques et opérationnelles. Un corridor ne peut se réduire à une bande d’asphalte, dont certains goulots d’étranglement neutralisent la compétitivité régionale ». Le Pr Vincent Ntouda Ebode pense fermement que la souveraineté numérique comme levier d’interopérabilité, et la rationalisation institutionnelle pour une gouvernance clarifiée contribueront de façon déterminante à la refondation de l’opérationnalité des corridors dans la perspective de l’effectivité de la Zlecaf (Zone de libre échange continentale africaine).
Le transport: un instrument de diplomatie
Toute chose qui a de facto interpellé Madame Dangezana epse Essimi, Chef d’antenne protocolaire et consulaire de Douala par intérim, et représentante du Ministre des relations extérieures, Lejeune Mbella Mbella.
Qui fait de la diplomatie camerounaise un instrument d’intégration sous-régionale: « le Cameroun se retrouve au coeur des enjeux de développement et ses ports du sont ouverts aux états enclavés sans restrictions. Mais, il faut se rendre à l’évidence que des difficultés subsistent : délai de transit long, point de contrôles non conventionnels, surcoûts générés etc….Face à ces barrières à la facilitation des procédures du fret, la réponse des États ne saurait être fragmentée, et mérite une réponse politique, technique, sécuritaire, et diplomatique globales. La question du transport se situe, par conséquent, au coeur des enjeux de la Cemac et de la Ceeac », a-t-elle insisté.
Le Doyen du corps diplomatique, Ambassadeur de Guinée équatoriale au Cameroun, S.E Armando Kote Echuaga, procèdera à l’ouverture des travaux. Sans lui aussi, déplorer les freins au développement du transport terrestre en Afrique en particulier, et dans la sous-région Afrique centrale en général: « Nos corridors existent mais ne sont pas compétitifs. En Afrique le marché couvre 60 millions de consommateurs des ports route et rails, mais il faut encore 45 jours pour qu’un conteneur débarqué au port de Douala arrive à Ndjamena. On passe encore 12 heures de temps dans une frontière, pour 5 minutes de formalités. Conséquence: nos produits sont non compétitifs », regrette le diplomate. Qui appelle à « un plan d’actions sous-régional assorti d’un calendrier précis afin de lever les freins à la compétitivité des corridors Douala-Bangui, Douala-Ndjamena et Kribi-Brazzaville ».
La Session plénière a été consacrée à «l’analyse des performances et vecteurs de modernisation des corridors Douala-Ndjamena/ Douala-Bangui», avec pour première mise en bouche le Panel 1 : « Économie des Corridors et Facilitation des Échanges ». Panel2 : révolution digitale et fluidification des axes transfrontaliers: avec pour sous-thème : dématérialisation des procédures de transit déploiement de la e.CMR (Lvi/ Lvo), suivi par géolocalisation satellitaire et guichets uniques inter-Etats (Landfreightis+). Panel 3 : sécurité et fluidification des axes transfrontaliers, dont le sous-thème portait sur : « rôles des forces de défense de sûreté dans la rationalisation des contrôles et la sécurisation sous-régional ».
Huis clos extraordinaire
L’une des grandes attractions de ce forum international, aura été la séance de travail en session spéciale, sur la présentation des nouveaux instruments de régulation du marché du fret terrestre en Afrique centrale et de l’Ouest, et le partage d’expériences entre organisme de gestion de fret (Bgft du Cameroun, Bnft du Tchad, Barc de la Centrafrique, Anatt du Bénin,et le Bgft du Congo Brazzaville).
La deuxième dession plénière aura été tout aussi intense et mettra l’accent sur : « investissements structurants et convergence institutionnelle ». Le panel 4 a consacré son analyse à l’ingénierie financière et infrastructures de soutien au transport , dont le sous-thème est : financement des infrastructures critiques des plateformes logistiques et des aires de repos sécurisées: l’option des partenariats publics-privés (Ppp). Le panel 5 a orienté ses échanges sur : la gouvernance Institutionnelle et intégration commerciale , cas : des synergies opérationnelles entre les agendas de la Cemac, de la Ceeac et les opportunités de la Zlecaf, pour le transport des marchandises. Un huis-clos extraordinaire a regroupé les organismes de gestion de fret du Cameroun, du Tchad, de la Centrafrique, du Bénin et du Congo-Brazzaville sur le projet Africafret principalement. Le projet Africafret porte sur une union future des organismes de gestion du fret d’Afrique.
Rappelons que le forum sous-régional des acteurs du fret de Douala, était rendu à sa deuxième édition. Outre les institutionnels sectoriels, plusieurs entreprises publiques, para-publiques et privées dont: le Port autonome de Douala, le Port autonome de Kribi, la Société nationale de raffinage, le Conseil national des chargeurs du Cameroun, Africa global logistics, Total Énergies, la Scdp, les Douanes camerounaises, le Guichet unique pour le commerce extérieur, Maersk, le Cabinet Servoo etc….
À ce sujet, les Directeurs généraux des organismes de gestion de fret du Tchad, du Cameroun, de la Rca, du Congo et du Bénin ont tenu, ont pris un engagement commun, en faveur de la promotion de la digitalisation, de l’interconnexion et de la mutualisation des efforts. Enfin, le prochain rendez-vous est fixé au mois d’octobre pour la tenue de l’assemblée générale constitutive d’Africafret.
Rappelons que le forum sous-régional des acteurs du fret de Douala, était rendu à sa deuxième édition. Outre les institutionnels sectoriels, plusieurs entreprises publiques, para-publiques et privées dont: le Port autonome de Douala, le Port autonome de Kribi, la Société nationale de raffinage, le Conseil national des chargeurs du Cameroun, Africa global logistics, Total Énergies, la Scdp, les Douanes camerounaises, le Guichet unique pour le commerce extérieur, Maersk, le Cabinet Servoo etc….

