Présidentielle 2025: les syndicats adressent un mémorandum aux 12 candidats
(DIM DIM). Parmi lesquels la Ccwtu, l’Ugtc, la Csac et la Csic. Ces organisations socio-professionnelles sollicitent, entre autres, la suppression de l’impôt sur le revenu des personnes physiques, la lutte contre la vie chère, la fin de la marginalisation des syndicats. C’était ce 26 août à Douala, à l’occasion d’un point de presse.
Abraham Baboule, président de la Cstc (Confédération syndicale des travailleurs du Cameroun), est tout à fait clair: «Nous représentons 71% des électeurs». Le syndicaliste tenait entre ses mains, un document volumineux (mémorandum), qu’il brandissait avec une grave impression faciale. À l’en croire, ce document s’il est pris en compte va redéfinir les enjeux de la présidentielle du 12 octobre 2025. «Les organisations des travailleurs constituent un important bastion d’électeurs. Les confédérations syndicales camerounaises les plus représentatives ne comptent plus rester en marge des débats politiques», a rappelé Abraham Baboule, visiblement très serein et engagé dans cette démarche.
Ce mémorandum à destination des 12 candidats en lice pour la présidentielle de du 12 octobre 2025, est un véritable cahier des charges, signé conjointement par les figures emblématiques du syndicalisme camerounais. Outre Abraham Baboule, on retrouve les signatures de Flaubert Moussole (Ccwtu), Bissala Isaac (Ugtc), Mikou Joseph (Csac) et Ndzana Olongo Gilbert (Csic).
À travers, ce document, «nous voulons simplement que les différents candidats dans leurs programmes de société tiennent compte de l’aspect social», a expliqué Abraham Baboule. Il n’est pas donc erroné de penser que cette formulation syndicale, dissimule une réalité plus tranchante. Il est question d’en finir avec le temps où les travailleurs camerounais acceptaient d’être « marginalisés dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques ».
Quatre piliers non-négociables
Un plaidoyer sous fond de revendications auxquels les confédérations syndicales attachent du prix, et articulé autour de quatre (4) axes stratégiques qui impactent au quotidien de millions de camerounais, il s’agit de: l’amélioration du pouvoir d’achat, comme premier chantier. Les syndicats réclament une réforme en profondeur de la fiscalité sociale, notamment la suppression de l’impôt sur le revenu des personnes physiques (Irpp), et sur les indemnités de fin de carrière (Ifc). Ils exigent également une politique concrète pour stabiliser les prix des produits de première nécessité et combattre l’inflation galopante
En revanche, les trois autres piliers concernent, la politique nationale d’emploi et de formation professionnelle, la protection sociale, et l’instauration d’un « véritable dialogue social tripartite, régulier et contraignant » entre gouvernement, patronat et syndicats. Pour renforcer cette position, Flaubert Moussole, président de la Ccwtu, a pris le taureau par les cornes, en rappelant avec fermeté: «c’est quand même 71% ». Cette statistique portée comme un étendard, rappelle que les travailleurs représentent une force électorale considérable. «On ne va pas se considérer comme si on n’était pas capables de donner un mot d’ordre», avertit-il, laissant planer la menace d’une consigne de vote.
Mais pour l’heure, la stratégie reste celle de la neutralité active. «Nous ne soutenons aucun candidat pour le moment et ne faisons campagne pour personne», précise le mémorandum. Les syndicats préfèrent jouer la carte de l’attente, observant qui, parmi les prétendants à la magistrature suprême, prendra au sérieux leurs revendications.
Une campagne sous surveillance syndicale
À l’issue de cette conférence, les syndicalistes promettent que le mémorandum sera remis en main propre à chacun des douze (12) candidats. Les confédérations syndicales se posent ainsi en observatrices attentives de la campagne électorale, scrutant les programmes pour y déceler les traces de leurs préoccupations. «Nous serons attentifs au déroulement de la campagne», prévient Abraham Baboule.
Cette étape marque un tournant décisif dans l’approche syndicale de la politique camerounaise. Les douze candidats à l’assaut du palais de l’unité sont prévenus: ils devront compter avec la voix des travailleurs.