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Transport terrestre: le Bgft migre vers la solution « BGFT 2.0 »

(Georges SEMEY). Sous la modulation du cabinet Servoo, les représentants des agences et checks points du Bureau de gestion du fret terrestre (Bgft) ont bénéficié, le 12 février 2026, d’une importante session de formation portant sur des indicateurs et instruments de performances tels le Sygfret, le Landfreightis, le système Camcis, l’e-Guce, le Sip, ou le Gps.

« Le Bgft va accélérer ». Promesse faite par El Hadj Oumarou, le coordonnateur général de cette institution, à l’occasion du lancement du séminaire de renforcement de capacités du personnel du bureau de gestion du fret terrestre (Bgft). Séminaire sur les « Fondamentaux du fret terrestre et digitalisation », baptisé « Séminaire d’initiation du cursus fondamental Bgft version 2.0 ». Les représentants des agences et checks points du Bgft ont par conséquent bénéficié d’une session de recyclage sur des modules précis qui contribueront à davantage faciliter mes procédures de dématérialisation du fret et booster le rendement des acteurs du transport terrestre.

Cet important séminaire intervient au lendemain de la cérémonie de présentation des voeux au ministre des transports, Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe, à laquelle ont participé les responsables du bureau de gestion du fret terrestre. Dans son discours de circonstance, le membre du gouvernement avait opportunément rappeler aux acteurs du transport en général, et à ceux du transport terrestre en particulier, l’impérieuse nécessité de se projeter, de façon irréversible dans la transformation radicale du secteur du transport et sa mutation vers un secteur productif moderne, axée vers la digitalisation des services et procédures.

Bien avant, le premier ministre, chef du gouvernement avait instruit au Bgft, en partenariat avec tous les autres acteurs, de procéder à la dématérialisation de toutes les procédures du commerce extérieur. « Pour le Bgft, cela voulait dire digitaliser tous les documents de transports qui lui incombent notamment les lettres de voitures (internationale et obligatoire), les vignettes d’identification des véhicules en transport international, le sauf-conduit international et j’en passe. Nos partenaires internationaux exigent transparence, traçabilité, célérité. Et le Cameroun, classé cent vingt-quatrième sur cent soixante pays dans l’indice logistique de la banque mondiale (Lpi), doit impérativement remonter dans ce classement », a clairement précisé le coordonnateur général.

Rappelons que depuis 2018, l’institution a connu de profondes mutations qui ont impacté le secteur du transport terrestre et l’économie nationale. Fort du poids du Cameroun dans la zone Cemac et le rôle central joué par la ville de Douala, dans les échanges sous-régionaux, le Bgft a procédé à la facilitation du processus administratif du fret terrestre par sa dématérialisation, sa digitalisation et la numérisation de ses procédures. Appuyé par de partenaires techniques crédibles, le bureau s’est doté de deux plateformes performantes et fiables de gestion et suivi du fret terrestre: le Landfreightis (Landfreight information system), une bourse électronique du fret, plateforme d’enregistrement, de suivi et de répartition du fret dans la sous-région, créée par le Bgft, le Cncc, le Guce, les Douanes camerounaises, les transporteurs, les bailleurs de fret etc…., et le Sygfret (plateforme dématérialisée de suivi du processus de gestion du fret terrestre).

Les défis de la Zlecaf

L’institution est par conséquent devenu une référence dans l’expertise de répartition de fret et de transport terrestre en Afrique centrale en particulier, en Afrique en général. L’hyper activité du Bgft traduit incontestablement les retombées de la mise en oeuvre rigoureuse de son programme d’actions, dont les résultats sont concluants et performants. En effet, l’institution camerounaise en charge de la répartition du fret terrestre s’est illustrée par plusieurs actions d’éclat, dans le cadre de ses missions: une mission de benchmarking effectuée au Maroc (30 octobre au 4 novembre 2024), sous la conduite de son coordonnateur général, El Hadj Oumarou, la participation d’une délégation du Bgft conduite par son coordonnateur général à Ponte-Noire au Congo, à la cérémonie de lancement des activités du Bgft Congo (5 au 6 décembre 2024), ou une mission du Bgft au Bnft (Bureau national du fret Tchadien), du 2 au 5 décembre 2024, dans le cadre de la mise en oeuvre du Projet régional pour l’amélioration de la performance du Corridor rail/route Douala-Ndjamena. Y ajouter le retour au calme, grâce à l’intervention du coordonnateur général du Bgft, entre le Cameroun et la Centrafrique, après la mort par balles, sur le territoire Centrafricain d’un chauffeur camerounais (3 et 4 décembre 2024), la participation du Bgft au forum Africafret du 26 au 29 novembre 2025, à Cotonou au Bénin, etc….

Ce qui réjouit El Hadj Oumarou, au regard des résultats fructueux engrangés en quelques années par le Bgft: « regardez ce qui se passe autour de nous. Le Tchad s’est inspiré de notre modèle pour structurer son processus de digitalisation de la Lvo. La Rca suit le même processus. Le Bénin nous a consulté pour organiser la gestion de ses propres corridors. Le Congo a mis en place un bureau de gestion du fret terrestre, avec carrément comme homonyme. Comme on le dit dans une culture camerounaise, c’est notre «mbombo» congolais. Quand nos homologues de la sous-région cherchent une référence en matière de gestion du fret terrestre, c’est vers Douala qu’ils se tournent. Pas vers Lagos. Pas vers Abidjan. Vers Douala ! Ce leadership, nous ne l’avons pas obtenu par hasard. Nous l’avons construit par une combativité, à toute épreuve, de nos agents sur le terrain, de Kousseri à Garoua-Boulaï, de Ngaoundéré à Bafoussam, D’Ekok à Ntam, de Limbé à Bangui, de Ndjamena à Kribi, sous le soleil, sous la pluie, parfois dans des conditions de sécurité que peu de travailleurs accepteraient d’affronter ».

Relevons que le séminaire d’initiation du cursus fondamental Bgft version 2.0 à permis aux participants de cerner les contours du cadre institutionnel du Bgft, de 1994 jusqu’aux enjeux actuels de la Zone de libre échange continentale africaine (Zlecaf), de se réapproprier les différentes opérations du transport terrestre (tour de rôle, la lettre de voiture, le circuit complet du fret en simulant un transport réel vers N’Djamena etc…), le fonctionnement du Guce, de l’e-Guce, du Camcis, ou du Sip, le Gps, l’internet des objets et les tableaux de bord etc….

« Vous avez fait preuve de lucidité et de créativité. Vous n’avez pas hésité à nommer ce qui ne fonctionne pas: les saisies en triple, les documents égarés, les files d’attente sans visibilité, les lenteurs de transmission entre agences et direction générale. Vous les avez mis sur la table sans complaisance. C’est le signe d’une organisation qui ne se cache pas derrière les habitudes. Vos solutions ne sont pas des rêves d’ingénieurs déconnectés. Ce sont des propositions de terrain, pragmatiques, réalisables avec les moyens existants. Scanner les lettres de voiture, créer un fichier de suivi, afficher le tour de rôle sur un écran à l’agence », a conclu El Hadj Oumarou, au terme du séminaire.

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